Une plainte pour « viole » contre Trump déposée 32 ans après les faits

Nouvelles quotidiennes de New York / TNS E. Jean Carroll est vu devant la Cour suprême de l’État le 4 mars 2020 à New York. Caroll poursuit Donald Trump pour diffamation. (Alec Tabak pour New York Daily News/Tribune News Service via Getty Images)

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Le journaliste E. Jean Caroll accuse l’ancien président des États-Unis de l’avoir violé en 1990, dans une cabine d’essai d’un grand magasin de Manhattan.

VIOLENCES SEXUELLES – « Chers amis, ce soir, quelques minutes après minuit, nous avons porté plainte pour viol contre l’ancien président ». C’est par ces mots que la journaliste E. Jean Caroll, grande collaboratrice de la version américaine du magazine Ellea annoncé dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 novembre poursuivre Donald Trump en justice.

Une accusation qui ne date pas d’hier. La journaliste l’avait déjà formulée une première fois dans le Poste de New York, en juin 2019. Elle affirmait alors que le 45e président des États-Unis l’avait violée dans une cabine d’essai du grand magasin Bergdorf Goodman, à Manhattan.

Informé de ces accusations, Donald Trump avait alors répondu de manière lacunaire qu’il n’avait pas pu faire ça, puisque l’écrivaine n’était « pas son genre ». Depuis, il l’a régulièrement tourné en ridicule sur les réseaux sociaux, et notamment le sien, Truth Social.

Une première plainte en diffamation

Les faits, qui remontent à 32 ans, étaient à l’époque des premières accusations prescrites par la justice américaine. Mais à la faveur d’une nouvelle loi levant les délais de prescription pour les crimes et délits sexuels de l’État de New York, E. Jean Caroll a finalement pu déposer plainte, trois décennie après. Elle réclame des dommages et intérêts compensatoires et punitifs pour la souffrance subie, les préjudices psychologiques, la perte de dignité et atteinte à la réputation.

« Ce nouveau procès ruinera peut-être le Thanksgiving de l’ancien président, mais il nourrira l’espoir de chaque femme attrapée, pelotée, harcelée, pincée, poussée, agressée ou traînée dans la boue par un homme puissant »a recommandé E. Jean Caroll dans un billet de blog.

Après les premières dénégations de Donald Trump, la journaliste américaine avait déposé une première plainte en diffamation contre le businessman. Mais ce dernier, protégé par son statut de président, n’a jamais été vraiment inquiété par le procès, aujourd’hui en procédure d’appel.

Des centaines de procès attendus cette année

Dans une nouvelle déclaration, l’ancien président des États-Unis a déclaré que E. Jean Caroll avait « complètement inventé » cette histoire de viole, « comme tous les autres mensonges racontés sur lui ces sept dernières années ». Car au total, rappelons-le, 17 femmes accusent le président des États-Unis d’agressions sexuelles.

L’avocate de la journaliste, Roberta Kaplan, a déclaré que sa cliente avait « l’intention de tenir Donald Trump responsable non seulement de l’avoir diffamée, mais aussi de l’avoir agressée sexuellement, ce qu’il a fait il y a des années dans une cabine de Bergdorf Goodman ».

Avec l’instauration de cette nouvelle loi temporaire levant les délais de prescriptions dans l’État de New York pour un an, des centaines de femmes ayant raté l’occasion de poursuivre leurs agresseurs voient renaître leurs espoirs. Au moins plusieurs centaines de procès sont attendus.

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