Covid : neuvième vague, symptômes, agressivité… ce qu’on sait, ou pas, sur le nouveau variant BQ1.1

« La neuvième vague est bien là », et elle sera encore là à Noël, se projette Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies contagieuses à l’Université de Montpellier. Il explique comment le variant BQ1.1 a trouvé des failles pour entrer dans notre organisme. Quant aux conséquences… Si l’infection reste bénigne pour les personnes en bonne santé, quid des plus fragiles ? Quel risque de Covid longtemps ? Quelle pression sur le système hospitalier ? Le chercheur avance quelques certitudes et de nombreux doutes.

« Cette fois, la France est en première ligne ». L’épidémiologiste Mircea Sofonea nous explique ce que nous attendons dans les prochaines semaines avec la montée en puissance de BQ1.1, la sous-variante d’Omicron qui lève de nouvelles barrières de notre immunité.

On passera Noël avec l’épidémie

Il monte, il monte BQ1.1, la nouvelle sous-variante d’Omicron. « Fin octobre, il est apparu un tiers des contaminations au Covid en France », rappelle Mircea Sofonea. Il estime que c’est désormais une sur deux, et même « trois quarts des contaminations en Ile-de-France ».

Plus peut-être, compte tenu de son « avantage de croissance », de l’ordre de + 100 % estime Mircea Sofonea. « La politique de criblage n’a pas été mise à jour, et le séquençage donne toujours des chiffres en retard, et moins précis car le volume d’échantillons prélevés », rappelle le scientifique.

Une certitude : « Il est clair que c’est une nouvelle vague qui commence », la neuvième, annonce le chercheur, qui explique qu’on va passer les fêtes de Noël avec.

Des mutations qui nous deviennent plus vulnérables

« Si on compare au groupe du variant BA5, son ancêtre, des mutations sont intervenues à des endroits clés », explique Mircea Sofonea. Ces changements d’acides aminés sont stratégiques, car ils interviennent sur des sections jusqu’ici reconnues par des anticorps. L’échappement immunitaire est plus facile.

Conséquence : « La vaccination et les infections précédentes sont moins protectrices ». Comme les anticorps monoclonaux, un traitement jusqu’ici protecteur des patients infectés.

Les chiffres de la reprise épidémique indiquent la situation : le 23 novembre, selon le site Covid Tracker, le taux d’incidence, en hausse, était de 331 pour 100 000 habitants, le taux de positivité, « très élevé et en hausse », de 23,07 %, et le R, le taux de reproduction du virus, de 1,09, encore « modéré », mais également « en hausse ».

Quel impact sur le Covid longtemps ?

« Pour le moment, rien ne dit que ce virus est plus virulent, nous n’avons pas de signal en ce sens », insiste néanmoins Mircea Sofonea. Mais compte tenu de la dynamique de l’épidémie, « il y aura plus de réinfections », ce qui pose toujours « le problème des personnes à risques de formes graves ou en échec thérapeutique ».

Avec des questions sous-jacentes : « Quel sera l’impact sur les arrêts maladie ? Y aura-t-il le même risque de faire un Covid long ? Que va-t-il se passer en cas de co-infection grippe/Covid ? »

« La situation n’est pas documentée mais pas souhaitable », estime le chercheur.

Y at-il un risque de tensions hospitalières ?

Avec 19,2 % des lits de soins occupés critiques par des patients Covid, mercredi 23, la pression sur les hôpitaux, encore faible ne suscite pas encore d’inquiétudes. « Non, je ne crois pas qu’il y ait un risque d’asphyxie », confirme Mirécea Sofonea, qui se refuse toutefois à des projections : « Là, on est dans le brouillard parce qu’on est en avance dans la progression du variante, alors que les Britanniques étaient en avance pour Omicron ».

« La France est le pays où les hospitalisations sont les plus importantes », et on rentre dans l’épidémie de grippe et des autres pathologies respiratoires… dans un « contexte global qui nécessite un investissement à tous les étages, des chercheurs, à l’hôpital, des biologistes… »

Beaucoup sont en souffrance ou en conflit avec les autorités sanitaires. Les chercheurs aussi : « Je passe mon temps à faire des demandes de financement, c’est du temps que je ne passe pas à la recherche », souligne le Montpelliérain.

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