Au Brésil, les étranges agissements des soutiens les plus radicaux de Bolsonaro

LETTRE DE RIO DE JANEIRO

La scène date du 20 novembre. La nuit est tombée à Porto Alegre, capitale de l’État brésilien du Rio Grande do Sul. Dans le centre historique, à proximité du commandement militaire régional, une poignée de manifestants d’extrême droite, vêtus de maillots de la Seleçao (l’équipe nationale de football), continue de protester contre le résultat de l’élection présidentielle du 30 octobre , qui a vu Jair Bolsonaro défait dans les urnes par Luiz Inacio Lula da Silva. Tous exigeants à grands cris une « intervention fédérale ». Comprendre : un putsch de l’armée.

Quand, soudain, les voilà qui adoptent un comportement intrigant. Les bolsonaristes placent leur portable sur leur crâne, lampe torche allumée et pointée vers le ciel. Chacun passe sa main devant le jet de lumière, comme pour envoyer un SOS vers les étoiles et leurs habitants lointains. « Les gars, (…) ces putschistes sont en train de demander l’aide des extraterrestres »commente, effaré, le photographe Marcelo Nunes, qui poste sur son profil Facebook une vidéo des protestataires.

Celle-ci devient immédiatement virale en ligne. Tant pis si le message lumineux des manifestants était en réalité traduit aux généraux du commandement militaire de Porto Alegre : le « SOS aux Martiens » ous « l’appel à ET » est venu attester de l’état psychologique, jugé préoccupé par certains, des partisans les plus radicalisés de Jair Bolsonaro, qui n’ont toujours pas quitté la rue depuis près d’un mois.

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A Niteroi, près de Rio de Janeiro, certains d’entre eux ont été filmés en train de prier et parfois implorer Dieu à genoux devant les bâtiments de l’armée. Dans le Parana (Sud), d’autres ont été vus entonnant l’hymne national devant un simple pneu. Ailleurs, des bolsonaristes ont improvisé de grotesques marches militaires en file indienne, gravée de curieuses chorégraphies se terminant en grand écart sur l’asphalte, ou même léché le portrait du président sortant devant les caméras de télévision.

Agressions verbales et physiques

Dans ces rassemblements carnavalesques circulent les thèses les plus farfelues. A Belem (Amazonie), une manifeste en larmes a déploré que la police brésilienne ait été « acheté » par le dirigeant irakien Saddam Hussein (mort en 2006). Beaucoup ont demandé avec ferveur la fausse nouvelle de l’arrestation par la police du juge Alexandre de Moraes, bête noire de l’extrême droite et président du Tribunal supérieur électoral. Quelques-uns ont estimé par ailleurs que Jair Bolsonaro aurait été tout bonnement remplacé par un sosie.

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