A l’Assemblée nationale, le débat escamoté sur l’abolition de la corrida

Dans une ambiance houleuse, ce fut finalement un retrait de texte. La proposition de loi visant à abolir la corrida, que défendait le député de Paris Aymeric Caron dans le cadre d’une journée de niche parlementaire de La France insoumise (LFI), jeudi 24 novembre, a été retirée par son auteur sans aller au vote , après un bref exposé des motifs dans l’Hémicycle, puis la réponse du gouvernement.

La veille, pourtant, la principale menace qui planait sur cette proposition de loi était qu’elle ne soit pas du tout discutée, car elle figurait alors en quatrième position de l’ordre de passage décidé par LFI, pour une niche ne pouvant se poursuivre au-delà de minuit.

Une réorganisation de dernière minute avait gardé ouverte la voie à ce que la proposition de M. Caron soit bel et bien débattue, le groupe des « insoumis » ayant sacrifié ses deux premiers textes – portant sur les « Uber files » et le smic à 1 600 euros –, pour laisser une plus grande place à celui sur la constitutionnalisation du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

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C’est en fin d’après-midi, au cours de la discussion générale sur la proposition anti-corrida, après une première intervention de sa collègue « insoumise » de la Haute-Garonne Anne Stambach-Terrenoir, que M. Caron a repris la parole. « Ça me coûte de le reconnaître (…)mais je dois me rendre à l’évidence : nous ne pouvons pas abolir la corrida aujourd’hui en France »a déclaré le député, en allusion aux propos du président de la République, la veille, qui avait déclaré, depuis le Salon des maires et des collectivités locales, que la corrida n’était pas « la priorité du moment » et qu’elle ne serait pas interdite le lendemain. Des propositions présidentielles qui ont froissé nombre de parlementaires, considérant qu’ils transgressaient les frontières de séparation des pouvoirs.

Texte voué à l’échec

Sous les huées et les invectives de l’aile droite et extrême droite de l’Assemblée nationale, Aymeric Caron s’est dit « contrainte » à retirer son texte, au vu du trop grand nombre d’amendements déposés – soit 766, dont plus de 400 devraient être évoqués en séance –, éviter un examen du texte dans les délais impartis.

« Vous avez fait preuve de bien peu de courage aujourd’hui par rapport à celui que vous avez recueilli jusqu’alors »a fustigé le président de la commission des lois et député (Renaissance) de la Vienne Sacha Houlié, regrettant que le rapporteur n’ait pas, a minima, laissé la discussion se poursuivre jusqu’aux amendements de suppression, qui auraient permis de connaître le positionnement de chacun des élus.

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