tensions dans la dernière ligne droite pour négocier un accord sur le climat

Les négociateurs s’efforçaient, samedi 19 novembre, de trouver un consensus pour parvenir à un accord à la COP27, à Charm El-Cheikh, en Egypte, en dépit des nombreux désaccords qui persistent. L’issue de la conférence, qui devait disparaître se terminer vendredi, est considérée comme un test de la détermination mondiale à lutter contre le changement climatique alors que la guerre en Europe et l’inflation galopante affectant les consommateurs détournent l’attention internationale.

Samedi matin, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a exercé une pression supplémentaire sur les négociations en déclarant que l’Union européenne préférait « plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord ». « Nous sommes inquiets de certaines choses que nous avons vues et entendues au cours des dernières douze heures »at-il déploré devant des journalistes, ajoutant que l’objectif des Européens était de garder « en vie » la limite de réchauffement de 1,5 °C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris.

La ministre de la transition écologique française, Agnès Pannier-Runacher, a révélé sur Twitter qu’il n’y avait pas, « à cette heure, toujours aucun texte satisfaisant et à la hauteur des urgences climatiques ».

Le ministre des affaires étrangères égyptien, Sameh Choukri, a renvoyé les parties à leurs responsabilités, appelant à la « souple » et faisant savoir qu’il allait consulter le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, présent à Charm El-Cheikh.

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La question centrale des « pertes et dommages »

Les négociations ont été compliquées par le résultat positif du test de dépistage du Covid-19 subi par le négociateur américain en chef, John Kerry, qui a été placé à l’isolement et doit poursuivre les discussions par téléphone avec son équipe et ses homologues étrangers .

Le président de la Conférence des parties (COP), l’Egyptien Sameh Choukri, a appelé cette semaine les négociateurs à redoubler d’efforts pour combler leurs divergences tandis que les pays pauvres critiquaient le projet, qui ne répondaient pas, selon eux, à la question clé du financement des « pertes et dommages »les financements n’ont pas besoin des pays les plus vulnérables pour compenser les pertes économiques et les dommages irréparables liés au dérèglement climatique.

Le 18 novembre lors de la COP27 à Charm El-Cheikh, en Egypte.

Le projet d’accord final présenté jeudi par l’ONU réaffirme l’objectif de limitation du réchauffement à 1,5 °C retenu l’an dernier à la COP26 à Glasgow. Il appelle aussi les pays signataires à « accélérer les mesures visant à réduire progressivement la production d’électricité à base de charbon et à supprimer progressivement et rationaliser les aides publiques inefficaces aux carburants fossiles ». Il ne demande donc pas formellement de mettre fin à l’utilisation des énergies fossiles, comme l’avaient demandé l’Inde et l’Union européenne.

Le texte « saluer » aussi le fait que les délégués étaient ouverts les discussions sur la création d’un fonds consacré aux pertes et dommages, mais il ne donne aucun détail sur le sujet. Les pays les plus vulnérables font du lancement de ce fonds une priorité, mais certains pays riches craignent qu’un accord sur le sujet ne les obligent à assumer des responsabilités financières de leur contribution passée à l’accumulation de gaz à effet de serre dans l ‘atmosphère.

Selon les analystes de l’ONU, les engagements actuels des différents pays sont loin de permettre de tenir l’objectif de 1,5 °C, et permettent au mieux de limiter le réchauffement à 2,4 °C d’ici la fin du siècle, conduisant l’humanité vers le risque d’un emballage incontrôlable du dérèglement climatique.

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Le Monde avec Reuters

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