Patrice Lagisquet, entraîneur du Portugal : « Cette équipe peut s’améliorer »

« Avant ce match contre les États-Unis (16-16), vous disiez qu’un match nul pouvait suffire à vous qualifier pour la Coupe du monde 2023 ?
Je connaissais le règlement, et pendant le match précédent contre le Kenya (85-0), j’ai continué à demander aux joueurs d’essayer de marquer plus de points. Je voulais qu’on en marque plus de 80. Mais ça ne peut pas être un objectif de jouer pour un match nul, tu ne peux pas te préparer pour ça ! Tu dois juste penser à gagner chaque match.

À quoi pensiez-vous quand Samuel Marques a pris son élan pour taper la défaite qui, après la sirène, vous offre le match nul ?
Vous savez, je suis assez vieux (60 ans) et expérimenté pour savoir que parfois, un buteur, même le meilleur, peut rater un coup de pied. Je pensais juste :  »S’il te plaît, Samuel, réussis-le ! »

Ces derniers mois, vous avez beaucoup travaillé les scénarios de fin de match à l’entraînement. Avez-vous pensé que ce travail était en train de payer quand vous avez repris possession du ballon à deux minutes de la fin, à 5 mètres de votre propre ligne ?
Non. On se dit surtout qu’on est encore dans le match et qu’on a encore une chance. C’est vrai, ce travail sur l’a fait. Mais quand j’ai vu les joueurs attaquer en première main et réussir à investir le camp adverse, je me suis dit qu’ils étaient dedans et avaient la capacité à se transcender dans les moments cruciaux. Alors peut-être que ça a aidé, mais il y a des choses qui s’intègrent de la capacité des joueurs et pas obligatoirement du travail du staff, il faut garder de l’humilité dans ces cas-là.


Ce match a été tendu, mais vous avez réussi à marquer un bel essai en début de match…
On a marqué un bel essai, mais la performance des avants a été très bonne. Hormis un flottement sur la touche, qui nous a coûté très cher et a fait revenir les États-Unis dans le match, je suis très fier de la mêlée, de la défense sur les mauls. Nos trois quarts ont la capacité de marquer des essais, même cette dernière attaque qu’on lance pour aller jouer dans le camp des États-Unis et obtenir la faculté décisive, c’est du jeu en première main, notre capacité à avoir du timing, de bonnes passes. C’est un régal ! Ce soir ce n’était pas facile parce que le ballon était très glissant. On a montré qu’on pouvait rivaliser en mêlée, et je suis content de notre défense. Cette équipe peut encore beaucoup s’améliorer.

Quand vous avez repris en main la sélection portugaise en 2019, espérez-vous vous qualifier pour la Coupe du monde en France ?
On travaille pour cet objectif depuis le début. La tournée au Brésil et au Chili, en 2019, a été très importante pour nous. On y est allés avec beaucoup de jeunes joueurs, dont la plupart jouait la Coupe du monde B au Brésil juste deux mois avant. Je voulais savoir si les joueurs pouvaient s’entraîner comme des professionnels. Et ils ont montré au personnel qu’ils étaient capables de digérer ces semaines et de progresser. Alors, à la fin de la tournée, je leur ai dit que maintenant, quand ils viendraient avec l’équipe nationale, on leur demanderait des efforts, de s’entraîner comme pendant cette période, parce que c’était le seul moyen d’ être compétitifs et de faire en sorte que les joueurs venant de France se sentent concernés. La plupart d’entre eux ont accepté ces règles et c’est grâce à ça qu’on peut fêter cette qualification maintenant. »

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