Nuisances, délinquance : près de Toulouse, un quartier est devenu un véritable enfer

l’essentiel
À La Salvetat-Saint-Gilles, dans l’Ouest toulousain, des riverains excédés subissent la loi de jeunes mineurs en perte de repères.

Insultes, menaces, voitures vandalisées, agressions physiques…, la liste noire des nuisances et des délits s’alourdit aux yeux de ces riverains excédés. Depuis un an et demi, les résidents du boulevard Albert Camus, à La Salvetat-Saint-Gilles, petite localité de l’ouest toulousain, n’en finissent plus d’égrainer les événements qui pourrissent leur quotidien. Il ya Julien, la trentaine, (les prénoms ont été changés) qui préfère passer par le garage de son immeuble, avant de sortir, « pour éviter la confrontation directe avec les jeunes et les insultes homophobes », Yvonne qui n’ose plus fumer sa cigarette sur son balcon, « depuis qu’ils balancent des fusées d’artifice sur les terrasses, j’ai peur d’en recevoir une… » et Arthur qui a carrément déménagé, victime d’une agression violente. Sorties de terre en 2008, ces résidences coquettes de deux étages, non loin du collège, s’ouvrent sur de vastes terrains vagues.

Le prix du cannabis affiché à l’entrée d’un immeuble./Photo DR.

Ici, pas de logements sociaux mais des habitations bien tenues, gérées par un grand syndic de copropriétés qui vient d’installer deux caméras dans le bâtiment F dont le bas d’immeuble est souvent squatté par des jeunes du quartier. Ils sont une petite dizaine, 15 à 16 ans, déscolarisés ou en passe de l’être, à traîner leur errance entre deux joints. « Ils s’en prennent à l’éclairage public, à l’abri de bus et quand on les regarde, ils nous insultent… », poursuit cette riveraine qui se démène depuis plus d’un an pour apaiser les tensions la nuit venue.

Un couvre-feu appliqué !

Mais le pic de cette petite délinquance a été franchi cet été avec l’incendie volontaire du local à poubelle et la propagation des flammes vers un transformateur électrique. Pour répondre à la vive inquiétude des habitants, la mairie a pris une mesure rare à l’échelle d’un quartier : l’instauration d’un couvre-feu en plein mois d’août, interdisant aux mineurs de moins de 16 ans de sortir seuls, de 23 heures à 6 heures du matin. « On ne peut pas me reprocher de ne rien faire, se défendre le maire de La Salvetat-Saint-Gilles, François Arderiu. Nos opposants dénoncent des mesures liberticides mais là, avec cet incendie, un seuil a été franchi ». Le répit a été de courte durée durant cette période. Les dégradations et autres provocations ont repris de plus belle à la rentrée. « Une équipe de sécurité patrouille tous les soirs avec un coût pour la commune de 50 000 € pour l’année, poursuit le maire.

Les résidents du boulevard Albert Camus, à La Salvetat-Saint-Gilles.

Les résidents du boulevard Albert Camus, à La Salvetat-Saint-Gilles.
DDM – MICHEL VIALA

Un troisième agent municipal est attendu début 2023. Sur un plan de renforcement de l’éclairage public et le projet d’installer une vidéosurveillance ». Réactifs, les gendarmes de la brigade de Plaisance-du-Touch ont aussi multiplié les interpellations depuis le printemps dernier pour éviter l’embolie. L’un des mineurs ciblés a fait l’objet d’un placement dans un centre éducatif fermé. Des surveillances sont opérées quotidiennement dans ce secteur. Mais la réponse n’est pas seulement répressive. La crise sanitaire et ses conséquences sociales seraient aussi à l’origine de cette escalade et de la dégradation des privilèges. « Nos enfants s’ennuient, il faut les occuper ! », réclamer une mère de famille lors d’une réunion publique, prise à partie par les résidents. Mais à 1 heure du matin, « difficile de trouver des activités associatives », répond logiquement la municipalité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *