menace de coupures en janvier, le carburant des réacteurs nucléaires d’EDF est plus lent que prévu (RTE)

Le scénario redouté d’un hiver difficile pour l’approvisionnement électrique se profile. Ce vendredi, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE avertira que le risque de tensions sur le réseau électrique français en janvier est désormais « élevée ». En cause : le manque de disponibilités de réacteurs nucléaires d’EDF, dont la remise en marche tardive plus que prévue.

Recours possible à Ecowatt

Le risque de recours au dispositif Ecowatt (et en particulier au signal d’alerte rouge) semble lui aussi « élevé sur le mois de janvier mais dépendra largement des conditions climatiques et de l’éventuelle survenue d’une vague de froid même résistante »selon le relevé mensuel des « perspectives pour le système électrique » publié par RTE. Ce dispositif prévient les foyers lorsque le risque de coupures d’électricité est important et les appelle à modérer leur consommation électrique.

De l’ordre de 40 gigawatts (GW) de puissance du parc nucléaire devrait être disponible début janvier, selon la prévision de RTE, contre 45 GW prévu par RTE le 14 septembre. Cela correspond à environ 65 % de la capacité nucléaire installée.

EDF, de son côté, prévoyait la dernière semaine dans son calendrier officiel une disponibilité de 48 GW au 1er janvier.

Fin octobre, 24 réacteurs sur les 56 existants sur le sol de la métropole étaient encore à l’arrêt selon EDF. Le parc nucléaire ne pourra fournir que 40 gigawatts en janvier, contre 45 gigawatts proposés dans les escomptes de septembre. L’énergétique se voit confronté à un double problème de corrosion sur certains réacteurs, qui nécessite des tests de vérifications et des travaux, mais aussi à la pause programmée de certains réacteurs pour la maintenance habituelle.

Impact des grèves

A ces difficultés sont venues s’ajouter les retards occasionnés par la pandémie mais aussi des grèves en septembre et en octobre pour des hausses de salaires. Ce début, le 13 septembre et le mouvement terminé le 27 octobre, a occasionné des baisses de production sur quatre réacteurs, et allongé la durée des opérations de maintenance sur ceux à l’arrêt forcé.

Fin octobre, RTE s’était déjà alarmé des conséquences de ces débrayages. « Les mouvements sociaux sur le parc nucléaire ont conduit à des prolongations d’arrêt généralement de deux à trois semaines sur les réacteurs dont la remise en service était imminente ou proche »avait indiqué fin octobre le gestionnaire, craignant que la grève ait des « conséquences lourdes sur le cœur de l’hiver ».

(AvecAFP)