Les sites classés sous la menace du changement climatique

Le site de Tombouctou, au Mali, classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco (Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture) depuis 1988, avait vu ses mausolées détruites par les djihadistes, en juillet 2012. La ville fut alors classée sur la liste des biens « en péril ». Aujourd’hui, ce ne sont plus les djihadistes qui menacent les monuments de cette ancienne capitale intellectuelle et spirituelle, mais le changement climatique et l’avancée du désert. Les tempêtes de sable, notamment, érodent les sites ancestraux intégrés en terre. Plus au sud, au Ghana, ce sont les forts et châteaux de Volta et d’Accra, inscrits en 1979 sur la liste du patrimoine, qui sont mis en péril par l’océan qui gagne en moyenne 2 mètres par an sur la côte.

Quelques années, le changement climatique s’est hissé au premier rang, devant les risques géopolitiques, des menaces qui pèsent sur les sites classés au patrimoine mondial culturel et naturel de l’Unesco, soit 1 154 biens dont près d’un sur cinq est naturel. « Protéger ce patrimoine, c’est aussi et surtout, désormais, faire face aux conséquences du dérèglement climatique et de la perte de la biodiversité. C’est la principale menace qui pèse et qui se répand dès aujourd’hui, que nous voyons, que nous mesurons de façon tangible, sur les sites du Patrimoine mondial »a déclaré la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, lors de la conférence qui s’est tenue à Delphes, en Grèce, les 17 et 18 novembre, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Convention de 1972 sur le Patrimoine mondiale.

Alors que les négociations piétinent à la conférence mondiale sur le climat (COP27) de Charm El-Cheikh, la directrice a appelé « à la responsabilité de chacun des États pour développer des solutions à la hauteur des enjeux ». Dans son entourage, on précise que « la seule mesure efficace, c’est la réduction des émissions de CO2 ». Et Audrey Azoulay de rappeler des chiffres qui illustrent l’ampleur de ce danger planétaire : 60 % des forêts du patrimoine menacées, « la moitié des glaciers du patrimoine mondial risque de disparaître d’ici la fin du siècle et un tiers est déjà condamné », « la quasi-totalité des sites côtiers de Méditerranée serait menacée (…) d’ici la fin du siècle par la montée des eaux et l’érosion »etc.

La viticulture de terroir est menacée

Glaciers, forêts, récifs coralliens, mangroves… au total, un tiers des sites de l’Unesco seraient en danger mais, précise un conseiller de la directrice générale, « ils sont tous exposés aux manifestations de ce changement climatique ». Les inondations de l’année 2022 au Pakistan, outre ses dramatiques conséquences humaines – plus de 1 100 morts et 33 millions de personnes touchées – ont endommagé deux sites du patrimoine mondial, les ruines archéologiques de Mohenjo Daro et les « monuments historiques à Makli, C’est ça ».

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