les Françaises de nouvelles battues par les Norvégiennes en demi-finale

Il n’y a plus de doute : même si elle joue normalement en blanc, la Norvège est belle et bien la bête noire de l’équipe de France féminine de handball. Au terme d’un match décousu et intense, ou les défenses ont longtemps pris le pas sur les attaques, les Norvégiennes ont une nouvelle fois battu les Tricolores par un score sans appel (28-20), vendredi 18 novembre, à Ljubljana, en Slovénie, en demi-finale du championnat d’Europe.

A l’Euro précédent, disputé au Danemark en 2020, les Nordiques avaient déjà battu la France (22-20 en finale). Mais c’est plutôt à la finale du dernier Mondial, disputé en décembre 2021 en Espagne (29-22), que ce match a ressemblé. Après avoir fait jeu égal avec les Scandinaves en première période, les Françaises se sont effondrées après la pause, retombant dans leurs traversées, incapables de marquer un seul mais durant les sept dernières minutes. « À partir de la 40e minute, ça a été la dégringolade »constatait, dépitée, la meneuse Grâce Zaadi au micro de BeIN après le match.

Comme en Catalogne, les Bleues ont été dominées par la puissante base arrière des Nordiques. Les Tricolores n’ont pas trouvé de solution face aux offensives tranchantes de la meneuse Stine Oftedal, de l’arrière droite Nora Mork et de l’arrière gauche Henny Reistad. Comme il y a onze mois, la gardienne Silje Solberg a réussi un grand match. Avec 14 arrêts, elle a rendu une copie brillante (41 % de tirs stoppés) et a remporté le duel des gardiennes face à Cléopâtre Darleux, qui a longtemps maintenu son équipe dans le match, avant d’être submergée par les déferlantes blanches.

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Un jeu offensif stéréotypé

Pour la 500e rencontre d’Olivier Krumbholz à la tête des Bleues, ses joueuses auraient aimé lui offrir un tout autre scénario. « Les Norvégiennes étaient plus fortes que nous aujourd’hui et elles ont largement leur victoire. Nous avons fait un match correct en défense, mais nous avons eu trop de déchets en attaque. On a forcé des solutions, on s’est délités… »un résumé du sélectionneur des Bleues.

Dans cette demi-finale, le jeu offensif des Françaises a paru stéréotypé, manquant cruellement d’imagination en seconde période. Leur impuissance en attaque interrogée, alors qu’elles avaient été régulières au tir depuis le début du tournoi, avec un taux de réussite de 65 %, le meilleur des seize équipes en poux. le début de l’Euro, la France semblait justement avoir trouvé un juste équilibre sur le plan offensif, avec des shooteuses fiables à 9 mètres, Océane Sercien-Ugolin et Orlane Kanor, et des ailières percutantes, Pauline Coatanea, Chloé Valentini et Coralie Lassource.

Mais il a suffi qu’Océane Sercien-Ugolin rate ses trois premiers tirs vendredi pour que la confiance s’envole, même si Orlane Kanor et Chloé Valentini ont surnagé. « Offensivement, on peut beaucoup mieux faire. Je me demande si nous n’avons pas un problème psychologique lorsque nous sommes attendus au score ? »s’interrogeait Grâce Zaadi à chaud après le match.

La Française Océane Sercien Ugolin tente de se frayer un chemin au cœur de la défense norvégienne, en demi-finale de l'EURo, le 18 novembre 2022, à Ljubjana.

Objectif atteint

Au-delà de cette déception, l’objectif annoncé par le staff avant la compétition, à savoir parvenir en demi-finales, a été atteint, et de belle manière puisque jamais l’équipe de France, habituée aux départs poussifs, n’avait enchaîné six victoires consécutives dans un grand tournoi sous l’ère Krumbholz.

Avant de croiser le chemin des Norvégiennes, les Bleues ont même été impériales en défense. Les images montrant l’explosion de joie des Danoises après leur victoire à l’arraché (31-29) mercredi contre la Norvège sont parlantes : aucune des deux équipes n’avait envie d’affronter la France. Ce qui en dit long sur le respect que leur inspire la défense tricolore.

Cette solidité défensive est d’autant plus remarquable que, en raison des blessures et des méformes, c’est une équipe de France rajeunie et un peu expérimentale qui a disputé cet Euro. Olivier Krumbholz a donné du temps de jeu à de jeunes joueuses, qui ont disputé leur première grande compétition internationale. Parmi elles, Audrey Dembélé (21 ans) au poste d’arrière gauche et Déborah Lassource (23 ans) à celui d’arrière droite, pourraient bientôt prétendre à une place de titulaire.

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Dans les buts, en l’absence de Laura Glauser, blessée, deux jeunes gardiennes, la Nantaise Floriane André (22 ans) et la Messine Camille Depuiset (24 ans), ont été testées. La première, qui a convaincu le staff tricolore, est bien partie pour être la troisième gardienne aux Jeux, avec Darleux et Glauser. Enfin, contre l’Espagne, Léna Grandveau (19 ans), le demi-centre de Nantes, a affiché de belles promesses.

« Tout donner » pour la médaille de bronze

Au chapitre des satisfactions, Estelle Nze Minko a été solide dans son rôle de capitaine. A 31 ans, l’arrière gauche a réalisé un euro de bonne facture, même si, comme ses partenaires, elle a raté sa demi-finale. Autour d’elles, les cadres ont répondu présents, Cléopâtre Darleux dans les buts, Béatrice Edwige en défense, la meneuse Grâce Zaadi, la pivot Pauletta Foppa et l’arrière Laura Flippes.

Avec une telle ossature, l’équipe de France peut viser une médaille à Paris en 2024. Avant les Jeux, les Bleues ont cependant rendez-vous en décembre 2023 pour un Mondial disputé en Norvège, au Danemark et en Suède, qui servira de répétition générale.

Pour la première fois depuis 2016, les Bleues ne seront pas en finale de l’Euro. Elles tenteront de décrocher la médaille de bronze dimanche face au Monténégro, à 17 h 45. « On la veut cette médaille et on va tout donner pour aller la chercher »a promis Estelle Nze Minko au micro de BeIN.

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La Norvège, elle, retrouvera dimanche, à 20 h 30, en finale le Danemark, qui a battu le Monténégro (27-23) vendredi après-midi. Un match qui sera la revanche du dernier match du tour principal, remporté sur le fil mercredi par le Danemark (31-29). Après 18 ans d’attente, les Danoises vont disputer leur première grande finale depuis leur titre olympique de 2004.

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