« Il faut que cela se sache et qu’on arrête de laisser faire ces grands groupes ! »

Nouveau scandale sanitaire en vue avec l’affaire des respirateurs Philips : le groupe aurait continué à utiliser une mousse qui pourrait être cancérigène dans ses appareils contre l’apnée du sommeil malgré plusieurs alertes. Témoignage de Christophe Madelon, un utilisateur qui a porté plainte dans les Pyrénées Orientales.

Christophe Madelon a découvert qu’il a été potentiellement exposé à un produit cancérigène, grâce aux médias en février dernier. Souffrant d’apnée du sommeil, cet habitant de Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales, use depuis cinq ans un respirateur Philips. Il apprend sur RMC que des malades comme lui se fédèrent dans toute la France pour attaquer le géant néerlandais en justice.

A l’origine du problème : une mousse en polyuréthane insonorisante à l’intérieur de l’appareil, qui, en se dégradant, relâche des composés qui peuvent provoquer des irritations, des maux de tête, des asthmes et même potentiellement un cancer.

La description de ces symptômes trouve tout de suite écho chez le quinquagénaire.

A l’époque où j’utilisais cet appareil contre l’apnée du sommeil, je me réveillais sans cesse, plusieurs fois par nuit. Je souffrais aussi de maux de tête et j’ai eu une otite qui a duré un an.

Christophe Madelon, utilisateur d’un respirateur Philips

L’ancien commercial en panneaux photovoltaïques va donc porter plainte, avec bien du mal, auprès de la gendarmerie de Saint-Cyprien. « J’ai dû insister lourdement et m’y reprendre à plusieurs reprises avant de parvenir à porter plainte. Mais une fois que cela a été fait, le parquet a vite réagi : le procureur de la République de Perpignan a réquisitionné mon appareil pour expertise dans la semaine qui a suivi mon dépôt de plainte« , explique ce catalan.

Les personnes concernées par ce nouveau scandale se sont retrouvées lors d’une réunion en septembre. Elles seraient une cinquantaine dans les Pyrénées-Orientales.

Comme au moins 2000 autres personnes, certaines, dont Christophe Madelon, vont poursuivre le groupe Néerlandais en justice au civil : ils vont faire rejoindre un cabinet d’avocats spécialisés en la matière, Myleo, qui a lancé une action collective.

Cette action au civil a pour mais d’obtenir des dédommagements financiers au titre du préjudice moral d’anxiété : comme pour l’amiante, les gens se sachant exposés à un produit cancérigène pendant des années, peuvent souffrir d’un stress intense.

Mais pour Christophe Madelon, l’argent est secondaire dans cette affaire.

Moi, ce que je veux, c’est que cela se sache. C’est comme les affaires du Médiator et du Levothyrox, il faut qu’on arrête de laisser tout faire à ces grands groupes, pharmaceutiques ou autres. Il faut qu’ils soient punis et que cela ne se reproduise pas.

Christophe Madelon, habitant de Saint Cyprien

Philips savait ?

Depuis juin 2021, Philips a été contraint d’engager une campagne massive de rappel de plusieurs modèles défectueux de respirateurs.

Une enquête préliminaire a été ouverte le 20 juin 2022 par le pôle de santé publique du Parquet de Paris, pour « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée » et « administration de substances nuisibles ». Lors, les dépôts de plaintes se multiplient un peu partout en France.

Ce jeudi, l’affaire à nouveau rebondi ce jeudi sur le site de Franceinfo :

Selon nos attributions, Philips a continué d’utiliser la mousse possiblement cancérigène pour équiper ses respirateurs contre l’apnée du sommeil malgré plusieurs alertes émises par un fabricant américain. Ce dernier avait systématiquement déconseillé l’utilisation de cette mousse de polyester qui se dégrade sous l’effet de la chaleur ou de l’humidité.

Sur les marchés, l’action Philips a dévissé de plus de 50% en un an.

En attendant, à force de nuits hachées et de problèmes de santé, Christophe Madelon, lui, ne peut plus travailler : à 58 ans, il est désormais en invalidité.

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