AFFAIRES OUBLIÉES. Masego Kgomo, cette petite fille sauvagement sacrifiée qui « n’a même pas crié »

Masego Kgomo, 10 ans, a disparu le 31 décembre 2009 à Soshanguve, un petit village sud-africain. Retour sur une affaire sordide sur fond de trafic d’organes…

C’est à Soshanguve, une centaine de kilomètres au nord de Johannesburg, que cette affaire prend racine. Le 31 décembre 2009, Masego Kgomo, 10 ans, sort jouer avec des amis non loin de son domicile familial. À la tombée de la nuit, ses parents, Joseph et Kate Kgomo, s’inquiètent de ne pas la voir rentrer pour le réveillon de la nouvelle année. Sans attendre, ils font le tour du quartier, épaulés par des amis, des membres de leur famille et quelques bons samaritains. Ils ne reverront cependant jamais Masego vivant.

Huit jours plus tard, un homme du nom de Brian Mangwale guide la police vers une zone boisée en bordure de gare. Là, abandonné dans la terre, git le corps sans vie de la petite Masego. La fillette, à moitié nue, a été sauvagement torturée, mutilée, démembrée. Dans la foulée, la police sud-africaine interpelle deux hommes : Brian Manwalesoupçonné d’avoir guidé la police jusqu’au corps en connaissance de cause, et Albert « Nono » Mathebula, une connaissance de Mangwale. Le premier nie toute implication dans le meurtre de la petite fille. Quant au second, il se révèle être un témoin de taille.

« Tout ce que j’ai vu, ce sont les organes internes »

Interrogé par la police, Mathebula confirme avoir assisté au drame. Ce soir-là, il fumait du dagga (cannabis) avec des amis dans une voiture lorsque le groupe a vu Brian Mangwale sortir de l’ombre. Selon Mathebula, ce dernier était accompagné d’un homme prénommé Jan, d’une femme et d’une petite fille : Masego. La suite du temoignage fait froid dans le dos. En effet, la fillette aurait été brutalement sacrifiée dans un cabinet médical. « Des initiés sont arrivés. Ils portaient des tenues de sangoma (soignants traditionnels d’Afrique australe)…, atteste Mathebula. La femme s’est approchée avec un tissu. L’enfant ne pleurait pas. On lui a fait manger ou boire quelque chose. Lorsque Jan lui a ouvert le ventre, elle n’a pas crié. (…) Je n’ai pas vu le reste. Tout ce que j’ai vu, ce sont les organes internes. Lorsqu’ils l’ont ouvert, j’ai regardé pour voir ce qu’il y avait dans le corps d’une femme. Jan a continuer à ouvrir l’enfant. Lorsqu’ils ont retiré ses organes, j’ai vomi… »

Après avoir longtemps nié l’indéniable, Brian Mangwale finit par passer aux aveux. jeJe reconnais avoir kidnappé Masego afin de vendre ses organes aux sangoma pour la somme de 3000 rands sud-africains (environ 165 euros actuels). Et ce n’est pas tout. À l’épouvante générale, l’homme avoue avoir fait subir les mêmes sévices à une autre petite fille. Sa langue, ses seins et son utérus, retirés par Jan Maleka, lui avaient rapporté alors la somme de 4500 rands (250 euros). Il révèle par ailleurs que les deux fillettes ont été violées, expliquant que trois de ses amis auraient profité qu’il s’absente pour acheter un rafraichissement pour agresser la petite Masego. Un récit sinistre qui plonge tout un pays dans l’horreur.

Le 28 novembre 2011, Brian Mangwale est reconnu coupable du kidnapping et du meurtre Masego Kgomo, après être pourtant revenu sur ses aveux. jel’est condamné à six ans de réclusion pour l’enlèvement, et à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre. Treize ans après le drame et malgré un appel en 2018, il demeure incarcéré en Afrique du Sud. En 2011, un mémorial a été renforcé à l’endroit où le corps de la petite Masego a été découvert.

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