A Nîmes, duel à distance entre les opposants et les défenseurs de la corrida

Deux manifestations pour un même sujet, et deux points de vue radicalement opposés. Samedi 19 novembre, les pro et anti corridas ont organisé des rassemblements dans la cité nîmoise. Les aficionados, soutenus par une très large majorité d’élus locaux de tous bords politiques (allant du Parti communiste au Rassemblement national), sont réunis dans la matinée près de 400 personnes devant la préfecture du Gard.

Les défenseurs des traditions taurines se sont presque rassemblés dans une ambiance grave, solennelle, avec l’espoir non dissimulé de faire échouer la proposition de loi du député Aymeric Caron. Mercredi 16 novembre, la commission des lois de l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi visant à interdire la corrida en France. Dans la foulée, vendredi, un « appel citoyen aux députés contre l’interdiction de la corrida » a été rendu public, signé par 1 400 personnes, dont de nombreuses personnalités à linstar d’Agnès Jaoui, Denis Podalydes, Sophie Calle, Pierre Bordage, Rudy Ricciotti, Jean Nouvel ou Bartabas.

Deux ferias se déroulent chaque année à Nîmes, à la Pentecôte et en septembre. La tauromachie représente « 60 millions d’euros de bénéfices économiques pour la ville » assure Frédéric Pastor, l’adjoint aux festivités dans l’équipe du maire Jean-Paul Fournier (Les Républicains). « Pendant deux week-ends, les hôtels sont complets à 100 km à la ronde, les restaurants et les bars s’affichent complets, les commerces travaillent… ». En 2022, les spectacles taurins (corridas et courses camarguaises) ont fourni plus de 95 000 spectateurs dans les arènes romaines, dont 83 000 uniquement pour les corridas, un chiffre qui retrouve presque son niveau d’avant la pandémie, selon la mairie de Nîmes .

« C’est la liberté de penser qui est en jeu »

Même hors temporada (saison taurine), la passion se partage. La coordination des clubs taurins de Nîmes, qui regroupe 27 clubs et représente plus de 1 500 personnes, organise chaque samedi un « café toro ». Les clubs taurins proposent des sorties pour voir les « toros » dans l’une des huit ganaderias, ces élevages de taureaux de combat espagnols, que compte le département. « En général, on présente la corrida comme quelque chose de finissant, alors que c’est extrêmement dynamique ! », avance Eric Dumond, à la tête du club Les Amis de Toros.

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Dans sa famille, la passion se transmet de génération en génération. Ce samedi, ses deux petits-fils sont venus avec une capea (cape de torero) en mains. « Notre rassemblement va bien au-delà de la simple défense de la corrida, estime M. Dumond. C’est la liberté de penser qui est en jeu. La corrida, c’est une question de sensibilité. L’Etat va-t-il définir ce qui est bien ou mal de penser pour nous ? Si oui, alors la question va se poser pour un tas de sujets. »

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