« La course au lithium, le “pétrole du XXIᵉ siècle”, est désormais aussi grossière que globale »

Ce n’est plus un sujet de spécialistes des matières premières, mais déjà un objet de géopolitique brûlant, qui intéresse les États autant qu’il les inquiète : le chiffre du lithium est désormais en tête de la liste des « minéraux critiques ». Ce métal, qui sert à la fabrication de batteries électriques, voit ses cours exploser, au point d’être qualifié d’« or blanc ». Il a aussi gagné, dans le jargon des groupes miniers, le surnom de « pétrole du XXIe siècle », indiquant son rôle de premier plan dans la définition des rapports de force mondiaux, un rôle occupé jusqu’ici par les hydrocarbures.

Il suffit de remplacer le lithium par gaz pour comprendre la nature des interrogations sur le futur de cette ressource. Le cas de la guerre en Ukraine l’a illustré, lorsque la Russie a en substance fermé ses robinets à destination de l’Europe, procédant à une « militarisation » (militarisation) de cette ressource naturelle. Voilà qui illustre ce qui pourrait arriver demain avec des minéraux dits critiques, au premier rang tirer le lithium.

Ce métal est crucial pour la production de batteries (au lithium-ion) pour les véhicules électriques, en remplacement des moteurs thermiques (dont l’Europe a programmé la disparition pour 2035), mais aussi de façon plus générale dans toute l’économie de la transition énergétique, parmi d’autres minéraux critiques. « Le monde va passer de kilowattheures très carbonés, consommateurs d’énergies fossiles, à des kilowattheures très « métallisés ». En outre, toutes les technologies de pointe et aciers à haute valeur ajoutée utilisent une quantité croissante de métaux rares. C’est notamment le cas de l’industrie aéronautique et de défense », analyser Vincent Donnen, dans une note de l’Institut français des relations internationales consacrée aux métaux critiques.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Quand la Salton Sea se réinvente en « Lithium Valley »

Le lithium entre – en apparence modestement – ​​dans la fabrication des cathodes, le pôle négatif des batteries électriques. Seulement, qui contrôle la possibilité de fabriquer des cathodes contrôle en fait la production de batteries. En résumé, rien ne sert de construire des méga-usines, à l’image de celles de Telsa, pour alimenter la consommation exponentielle de véhicules électriques, si un acteur en position de dominance du secteur des cathodes peut couper, du jour au lendemain, l’approvisionnement d’un composant crucial. Cet acteur, ce pourrait être la Chine, où se transforme et se raffine une partie du lithium extrait dans le monde. Mais des contre-offensives sont en cours.

Affrontement à bas bruit

Il vous reste 55,59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *