Alerte à la dengue : le nombre de cas explose en France, ce que l’on sait sur la situation

La moustique tigre est désormais présente dans 70 départements et poursuit sa percée en France métropolitaine. Le point sur la situation.

L’hiver approche, pourtant ils sont toujours beaux et bien présents : les moustiques et notamment les moustiques-tigres. Différentes autorités sanitaires ont récemment alerté sur une hausse des cas de dengue en France. Selon Santé publique France, il serait plus de trois fois supérieur au maximum observé en 2020et le risque s’est étendu « avec la survenue de foyers dans des départements jusque-là épargnés ».

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Qu’est-ce que la dengue ?

Aussi appelée « grippe tropicale », la dengue est une maladie infectieuse due à un arbovirus qui est principalement transmise par le moustique tigre. À l’inverse du moustique « classique », ce parasite est silencieux et pique au lever du jour ou au crépuscule. En plus de la dengue, il peut être vecteur de deux autres affections : le chikungunya et le zika.

Il existe deux sortes de dengue : la classique et l’hémorragique. Dans le premier cas, la maladie se caractérise par une forte fièvre, des maux de tête, des nausées, des vomissements, des douleurs articulaires et musculaires ainsi qu’une éruption cutanée semblable à la rougeole.

Ces signes s’appliquent brutalement après deux à sept jours d’incubation. Une brève rémission est constatée chez le patient trois à quatre jours après l’apparition des premières manifestations, mais cette période est de courte durée. Les symptômes s’intensifient ensuite. Le patient peut alors souffrir de maux de nez, d’hémorragies conjonctivales ou d’ecchymoses.

La dengue hémorragique est une forme aiguë et grave de la maladie. Elle concerne 1 % des cas de dengue dans le monde. Elle peut provoquer des complications graves telles qu’une fièvre persistante, des hémorragies multiples (gastro-intestinales, cutanées et cérébrales), détaille Pourquoi Docteur.

Qu’est-ce qui explique cette hausse des cas ?

Selon L’Expressla principale raison de cette flambée est due à l’aedes albopictus, le moustique tigre. Depuis une vingtaine d’années, il a conquis plus des deux tiers des départements français. Avec son corps noir et ses pattes rayées, cet insecte est un vecteur de nombreux virus à l’instar de la dengue, du Zika, du chikungunya ou encore de la fièvre jaune.

D’autres facteurs peuvent également expliquer l’augmentation des contaminations : la reprise des voyages et le retour des voyageurs de zones à risque, ainsi que des conditions climatiques favorables à la reproduction des moustiques avec la chaleur et la pluie.

« L’été que nous avons vécu, exceptionnel par son alternance de chaleurs caniculaires et d’épisodes pluvieux intenses, notamment dans les régions du sud, a entraîné une augmentation importante du nombre de moustiques (…) », a expliqué Yannick Simonin, virologue , maître de conférences en surveillance et étude des maladies émergentes, à l’université de Montpellier, à Ouest-France.

Santé Publique France détaille dans ce sens que la propagation des infections transmises par les moustiques est fortement associée au réchauffement climatique.

Quels sont les départements les plus touchés ?

Actuellement, sur les cinq départements touchés par la maladie, trois sont situés en région Occitanie et deux en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca).

En Occitanie, quatre cas ont été identifiés dans le même habitat, dans la commune de Salvetat Saint-Gilles, à 20 km à l’ouest de Toulouse, en Haute-Garonne ; 3 cas ont été rapportés dans la commune d’Andrest et celle, distante de 15 km, de Rabastens-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées ; un cas a été détecté à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales. Jamais le virus de la dengue n’avait été identifié dans ces deux derniers départements.

En région Paca, les deux départements touchés sont le Var, avec 7 cas identifiés à Fayence et, surtout, les Alpes Maritimes avec 31 cas identifiés dans trois communes situées à moins de 10 km de distance les unes des autres : Saint-Jeannet, Gattières et La Gaude, indiquent Ouest-France.

Le 16 septembre, Santé Publique France nous indiquait : « C’est la première fois que des cas apparaissent dans les Pyrénées-Orientales, les Hautes Pyrénées et la Haute Garonne ».

67 départements colonisés en 2022

Au 1er janvier 2022, Aedes albopictus était déployé dans 67 départements métropolitains :

Ain, Aisne, Alpes de Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Ardèche, Ariège, Aude, Aveyron, Bas-Rhin, Bouches du Rhône, Cantal, Charente, Charente Maritime, Cher, Corrèze, Corse du Sud, Côte d’Or, Deux-Sèvres, Dordogne, Doubs, Drôme, Essonne, Gard, Gers, Gironde, Haute-Corse, Haute-Garonne, Hautes-Alpes, Hautes-Pyrénées, Haute-Savoie, Haut-Rhin, Hauts-de-Seine, Haute- Vienne, Hérault, Indre, Indre-et-loire, Isère, Jura, Landes, Loire, Loire Atlantique, Lot, Lot-et-Garonne, Lozère, Maine-et-Loire, Mayenne, Nièvre, Paris, Puy-de-Dôme , Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Rhône, Saône-et-Loire, Savoie, Seine-et-Marne, Seine-St-Denis, Tarn, Tarn-et-Garonne, Val-de-Marne, Var, Vaucluse, Vendée , Vienne, Yvelines, Val-d’Oise, Meurthe-et-Moselle, Loiret, précise Santé Publique France.

Faut-il pour autant s’inquiéter ?

« On va vers une extension et une multiplication de ces épisodes, la menace ne va pas faire que s’intensifier à l’avenir », estime Marie-Claire Paty, du Haut Conseil de la santé publique.

« On n’est pas, à l’avenir, à l’abri d’une épidémie », ajoute SPF, qui rappelle le précédent italien, en 2007 et 2017, sur le chikungunya.

La vigilance reste de mise, alors que septembre « est une période propice à l’apparition de foyers » : « Nous sommes fortement mobilisés », indique Santé publique France, qui rappelle les gestes de prévention classique, à commencer par vider l’eau stagnante des coupelles. Sachant que des recherches sont en cours pour stériliser les moustiques, et, « notamment à l’IRD de Montpellier, travailler à la végétalisation pour lutter contre la tout en tenant compte de la chaleur des maladies vectorielles ».

La dengue étant souvent asymptomatique (dans environ 70 % des cas), elle peut passer largement inaperçue. Les manifestations de la maladie transférées entre 3 et 14 jours après la piqûre par le moustique, avec une moyenne de 4 à 7 jours. Le malade guérit généralement spontanément en quelques jours, mais une fatigue importante persiste pendant plusieurs semaines.

A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement contre la dengue. Un vaccin existe, développé en 2015 par le laboratoire Sanofi Pasteur, mais il est uniquement destiné aux personnes âgées de 9 à 45 ans vivant dans des zones d’endémie. Pour en bénéficier, elles doivent avoir été infectées une première fois par le virus de la dengue.

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