450 milliards d’euros dépensés sur un an par les pays de l’Union Européenne

Une étude révèle le coût des mesures prises en Europe face à la flambée du prix des matières premières, de septembre 2021 à septembre 2022.

La facture s’allonge de jour en jour. Alors que la poussée inflationniste, qui date de l’automne 2021, a été accélérée par la guerre en Ukraine et impacte le portefeuille des ménages et des entreprises des pays européens depuis quelques mois, ces derniers ont pris toute une panoplie de mesures pour garantir le pouvoir d’achat. Multiplication de chèques, blocage des prix du gaz et de l’électricité, ristourne lors du passage à la pompe… Les différents gouvernements prennent leur charge dans le contexte inflationniste.

Selon une étude de l’institut bruxellois Bruegel, les États membres de l’Union européenne y ont payé, entre septembre 2021 et septembre 2022, 450 milliards d’euros au total. Parmi ces derniers, 314 ont été versés afin de contrer la hausse du prix de l’électricité, d’accorder des subventions, ou de réduire les taxes qui pourraient peser sur l’énergie. La France a notamment mis en place depuis plusieurs mois un bouclier tarifaire, renouvelé pour 2023. La différence entre les deux chiffres a servi à des dépenses de nationalisations en Europe ou à des entreprises aux entreprises d’énergie en prêts difficiles. À la première place, se positionne l’Allemagne avec 100,2 milliards d’euros. Qui se place devant l’Italie, déboursant 59,2 milliards. La France, enfin, est troisième avec 53,6 milliards d’euros de dépenses. Ce qui représente 2,2% du PIB.

Des dispositifs compliqués ?

Si la plupart des pays ont pris des dispositifs conjoncturels, ces derniers pourraient bien devenir transformés tant que l’intervention de l’État est devenue imposante, selon Bruegel. Dans ce contexte, l’Allemagne a annoncé mercredi dernier la nationalisation de l’importateur de gaz Uniper et la Grande-Bretagne a plafonné le prix du gros de l’électricité et du gaz pour les entreprises. « Cette situation n’est clairement pas viable du point de vue des finances publiques», analyse Simone Tagliapietra, chercheuse auprès de l’institut. Et d’ajouter : « Les gouvernements ayant une plus grande marge de manœuvre budgétaire vont inévitablement mieux gérer la crise énergétique en rivalisant avec leurs voisins pour les ressources énergétiques limitées pendant les mois d’hiver. » Pour obtenir une réaction coordonnée de ses États membres, l’Union européenne a présenté la semaine dernière une série de propositions afin de limiter la hausse des prix de l’électricité.

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