commentaire les entreprises font la chasse au gaspi

publié le dimanche 18 septembre 2022 à 07h00

Alors que l’exécutif a prévenu en cas de rationnement, les entreprises seraient les premières supportées, ces dernières multipliaient les initiatives pour économiser le gaz et l’électricité.

Face aux risques de coupure et de rationnement cet hiver, l’exécutif appelle chacun à la sobriété énergétique, et notamment les entreprises. « J’appelle chacune (des entreprises) à établir, en septembre, son propre plan de sobriété, a lancé la Première ministre Elizabeth Borne dans son discours de rentrée.

Si chacun ne prend pas sa part, (…) nous serons amenés à imposer des baisses de consommation », at-elle averti. Et « si nous devions en arriver au rationnement, les entreprises seraient les premières supportées ».

Pour ce faire, les entreprises multiplient les initiatives pour chasser les gaspis petits et gros. Tour d’horizon des initiatives.

Agro-alimentaire

Fleury-Michon a intégré des ombrières photovoltaïques sur les parkings de toutes ses usines. « Cela fera de l’ombre l’été et nous permettra de produire une partie de notre consommation d’électricité », indique le groupe qui dit avoir diminué de 30 % sa consommation de Kwh par kilo de produit en une dizaine d’années.

Distribution

Toutes les enseignes de l’alimentaire – Carrefour, Intermarché, système U, Auchan, Casino et Leclerc – se sont engagées à éteindre à compter du 15 octobre leurs enseignes lumineuses à la fermeture des magasins, à réduire l’intensité lumineuse avant l’arrivée du public et abaisser la température ambiante des points de vente d’un degré. Ces mesures du quotidien représentent 6% d’économie sur la facture énergétique. Leclerc, notamment, a commencé le 12 septembre.

Quand il fera très froid, en cas de pic de la demande énergétique, des mesures exceptionnelles ont été proposées, comme de ramener la température à 17 degrés pendant les heures d’ouverture, ce qui permet un « effacement de 740 MW » soit « une « petite centrale nucléaire », souligne la fédération technique de la distribution Perifem.

Ce protocole est étendu aux autres commerces. Pour l’instant dans le non-alimentaire, la température à 17 degrés ne passe pas, en raison des cabines d’essai, mais « si c’est pour deux heures et pour éviter un blackout général lors d’un pic, ça doit pouvoir se réfléchir », souligne Perifem.

Deuxième initiative lourde, l’installation de portes vitrées sur les linéaires de produits réfrigérés, qui permet de réduire de 25 % la facture énergétique. Le processus est encore en cours : 70 % des distributeurs sont équipés mais il en reste donc encore 30 % qui doivent l’être. Le coût de l’installation – environ un million d’euros pour un magasin de taille moyenne – fait hésiter ceux qui ne sont pas encore passés à l’acte.

Industrie

Le spectre de coupures de gaz cet hiver accélère la course aux solutions : récupération de la chaleur, passage à l’éclairage LED ou installation de panneaux solaires.

Ainsi l’usine Toyota de Onnaing a deux projets : la récupération de la chaleur des compresseurs pour chauffer les bains de traitement de surface avant l’application de l’anti-corrosion sur les véhicules et la mise en place de panneaux solaires sur cinq hectares sur les parkings. Une telle mesure permet d’atteindre 10 % d’économie d’énergie, calculée par Toyota.

La fonderie d’aluminium de Saint-Jean Industrie (Belleville-en-Beaujolais) récupère la chaleur de ses fours pour chauffer tout un secteur de l’usine. Depuis la fin 2021, le groupe a gagné « entre 10 et 15% » en électricité et gaz, surtout en surveillant en temps réel sa consommation.

Michelin, qui a baissé de 18 % sa consommation d’énergie entre 2010 et 2021 poursuit ses efforts cet hiver. Pour économiser le gaz de ses fours à pneumatiques, le groupe développe les renouvelables et en particulier les chaudières biomasse (à Cholet et Bourges), le photovoltaïque (au Puy-en-Velay) et achète de la chaleur biomasse (à Vannes et Clermont- Ferrand).

À Troyes et Bassens, le groupe achète aussi de la chaleur, mais issue de l’incinération de déchets ménagers. Par ailleurs, cet hiver, la température de chauffage des bureaux et des ateliers « n’ira pas au-delà de 19 degrés », et tombera même à 17 degrés dans les ateliers où l’on produit des « efforts physiques ».

Le groupe dispose également d’un plan d’isolation de ses sites tertiaires, installe des leds dans ses ateliers et sur les éclairages extérieurs de son centre de recherche.

Veolia baisse la température de ses locaux et mesure la consommation de chaque dépôt de collecte de déchets et de chaque camion pour identifier les mesures correctives et efficaces des formations de conduite économe en carburant.

Les transports

La SNCF, grande consommatrice d’électricité, a intensifié depuis plusieurs mois ses actions en mettant l’accent sur « l’écoconduite », une technique plus souple de conduite des trains, par exemple en tirant profit des reliefs. Celle-ci permet de réduire jusqu’à 10 % la consommation d’énergie « sans réduire (la) vitesse et donc sans pénaliser les voyageurs », relève du ministère des Transports. la SNCF fait aussi la chasse au gaspi dans les bâtiments industriels et tertiaires, installe des lampes LED à grande échelle et joue sur l’éclairage et le chauffage des gares.

Mais, la sobriété énergétique, à la SNCF, la RATP et chez d’autres opérateurs de transports, « ce n’est pas un plan pour faire moins de trains, même cet hiver » a assuré le ministre des Transports Clément Beaune, réagissant à des rumeurs sur la suppression des trains pour économiser l’énergie.

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