Au Nicaragua, inquiétude sur le sort de deux Françaises arrêtées par la police

Deux femmes ayant la double nationalité française et nicaraguayenne, dont un proche était recherché, ont été arrêtées mardi 13 septembre par la police nicaraguayenne, a indiqué une ONG du Nicaragua en exil au Costa Rica.

« Jeannine Horvilleur Cuadra, 63 ans, et sa fille Ana Alvarez Horvilleur, 43 ans, toutes deux de nationalité nicaraguayenne et française, ont été arrêtées » mardi dernier, selon un communiqué de Nicaragua Nunca mas (Nicaragua jamais plus) qui travaille du Costa Rica voisin.

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Samedi, le ministère français des affaires étrangères a affirmé « suivre de près la situation de nos deux compatriotes » et avoir « pris contact avec les autorités nicaraguayennes ». « L’ambassade est mobilisée, en liaison avec le poste de rattachement consulaire au Costa Rica », a ajouté la porte-parole du ministère français.

L’ONG a également fait état de l’arrestation de M. Felix Roiz, le mari d’Ana Alvarez Horvilleur. Ces informations n’ont pas été confirmées par les autorités nicaraguayennes.

Selon l’ONG, la police a fait irruption au domicile des deux femmes à la recherche de leur époux et père, Javier Alvarez. Mais celui-ci s’était déjà enfui pour des raisons non indiquées par l’ONG. Les deux femmes ont été arrêtées alors et emmenées, en guise de représailles, selon Nicaragua Nunca Mas.

200 opposants au régime d’Ortega emprisonnés

Dans une interview diffusée samedi par le média internet nicaraguayen en exil 100 % Actualités, M. Javier Alvarez a indiqué être actuellement au Costa Rica et a clamé son indignation et son inquiétude pour ses proches. M. Alvarez a revendiqué son opposition au gouvernement du président Daniel Ortega mais il a nié être un militant actif.

Selon lui, les autorités ont demandé qu’il se livre en échange de la libération de sa femme, de sa fille et de son genre, emprisonnés, at-il dit, dans la très redoutée prison d’El Chipote à Managua. « Je ne vais pas rentrer au Nicaragua… Ma vie est en danger (…) il ya une action dirigée contre moi, je ne comprends pas pourquoi »at-il déclaré.

Au moins 200 opposants et critiques du gouvernement du président Daniel Ortega sont actuellement emprisonnés au Nicaragua sous l’accusation de « trahison » et d’« atteinte à la souveraineté du pays »selon des organisations de défense des droits de l’homme et des proches de détenus.

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M. Ortega, un ancien guérillero âgé de 76 ans, au pouvoir depuis 2007, accuse ses opposants d’avoir fomenté une tentative de coup d’Etat en 2018 avec le soutien de Washington. Cette année-là, des manifestations réclamant la diffusion de M. Ortega et de son épouse et vice-présidente Rosario Murillo, ont été réprimées dans le sang. Les troubles ont fait plus de 350 morts, parmi les opposants en majorité, selon des organisations internationales des droits de l’homme.

En novembre 2021, M. Ortega a été réélu pour un quatrième mandat consécutif à l’issue d’un examen d’où étaient absents tous ses adversaires de poids, ceux-ci ayant été arrêtés ou contraints à l’exil.

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Le Monde avec AFP

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