Au Luxembourg : « Trois indexations ne suffiraient pas à pallier les frais de l’énergie »

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Au Luxembourg « Trois indexations ne suffiraient pas à pallier les frais de l’énergie »

LUXEMBOURG – Président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), Michel Reckinger évoque les enjeux de la tripartite qui débute dimanche. Il appelle à des solutions de crise et estime que l’indexation n’en est pas une.

Michel Reckinger a participé à la réunion de préparation de la tripartite avec le gouvernement, mercredi.

Editpress

« L’essentiel » : La question de fixer un plafond de revenus au-delà de laquelle on ne paierait plus l’index est-elle taboue pour l’UEL ?

Michel Reckinger : Je tiens à rappeler que nous avons un accord qui définit les indexations qui doivent venir. Si le Premier ministre et d’autres disent que la situation est beaucoup plus grave qu’en mars, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de dire que si on estime à l’époque que les entreprises ne pourraient pas subir plus d’une indexation tous les douze mois comment dire maintenant qu’il faut en payer plus qu’avant? Il y a d’autres moyens que l’indexation face aux nouveaux problèmes. Il faut donc s’en tenir à l’accord. Et pour le dénoncer, il faut être à trois. Sinon, c’est unilatéral et on a un problème.

Ne payer l’indice qu’aux plus bas revenus pourrait-il être une option ?

Ce qu’il est primordial de savoir, c’est que pour les salaires les plus bas, même trois indexations ne peuvent suffire à pallier la problématique des frais de l’énergie. C’est surprenant que ce soit à moi de le signaler, mais ce serait antisocial car insuffisant pour les plus bas revenus. Il faut arrêter de discuter de l’indexation.

Donc pour vous ce n’est pas une piste sur la table ?

Pour nous non. Si sur cinq indexations d’ici fin 2023, cela a entraîné une augmentation des salaires de plus de 25% depuis octobre 2021. Comment imaginer rester compétitifs ainsi ? C’est aberrant. Une indexation coûte environ 900 millions, la moitié pour l’État et l’autre pour le privé.

Il faut aussi voir que l’indexation affecte les salaires sur 40 ans. Ici on est dans un état de guerre et il faut trouver la solution à cet état de crise, pas plomber les salaires pour les 40 ans à venir. Les salaires resteront même si les prix diminuent. Il faut travailler à des solutions de crise et en temps voulu discuter de la sortie de crise.

Où est la marge de manœuvre de cette tripartite ?

Le Premier ministre a envoyé des signes aux syndicats et au patronat en jugeant que l’indexation en octobre était « un minimum dû » et en même temps « qu’on ne pourrait pas en payer cinq ». La marge de manœuvre se situe entre les deux.

Si vous estimez qu’il ne faut pas discuter de l’indexation, quels outils utiliser ?

Il faut déterminer qui on veut aider, quels quintiles de revenus et quand ? Savoir quelle enveloppe les ménages et les entreprises peuvent attendre et commenter sur va les répartir. Et qui va les payer. Il existe l’option d’une énergie prime comme l’a fait la France. Cela peut être un chèque ou une action sur le prix du gaz ou de l’électricité. Il faut chercher dans la boîte à outils et voir avec Bruxelles ce qui est possible. Nous allons avoir 12-18 mois difficiles. Faisons ce qu’il faut pour ne pas sortir sur des terres brûlées.

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