Micropole : Ces sociétés du secteur numérique qui pourraient bien se faire racheter à la Bourse de Paris

(BFM Bourse) – Les entreprises du secteur des ESN sont régulièrement la cible d’offres publiques d’achat (OPA). Sur les deux dernières années, pas moins de dix opérations ont été rappelées. La cote parisienne se dégarnit peu à peu de ses représentants, faute de nouvelles introductions en Bourse dans le secteur pour renouveler le cheptel.

Les opérations de rachats se sont multipliées dans le secteur des logiciels et services numériques ces dernières années. Elles ont souvent été à l’initiative des dirigeants-fondateurs d’entreprises concernées avec le concours de fonds d’investissement.

Les sociétés qui font du conseil en transformation numérique, les SSII et les éditeurs de logiciels sont régulièrement en première ligne de ces opérations de rachat. Fortement éclaté en France, ce secteur regorge de nombreuses cibles potentielles, notamment des petites sociétés pouvant s’intéresser à des acteurs de taille importante en quête d’une brique technologique, d’un savoir-faire particulier ou d’un levier de croissance supplémentaire. Aussi, l’âge du capitaine peut participer à une accélération des mouvements de consolidation. Dans la majorité des sociétés de ce secteur, le capitaine en service est souvent le fondateur de l’entité dont il est le maître à bord.

Des valorisations à la casse

Les entreprises du secteur ont connu un parcours boursier difficile sur les premiers mois de l’année, offrant aux prédateurs une opportunité de faire main basse sur une proie affaiblie et surtout pas chère. « Le premier semestre 2022 n’a pas été de tout repos pour les ESN (entreprises de services du numérique, NDLR) cotées. Largement impactées depuis le début de l’année, celles-ci ont affiché globalement des performances négatives sur le semestre avec , pour certaines, des chutes très importantes » rapporte Sid Bachir, analyste chez EuroLand Corporate.

Le spécialiste pointe notamment la contreperformance d’Atos dont la capitalisation a fondu de plus de 70% depuis le début de l’année. Le recul est beaucoup moins marqué du côté d’Alten (-19%) ou de Capgemini (-15%). Dans un contexte de tendance baissière sur les marchés boursiers, les offres publiques d’achat (OPA), quant à elles, se sont ainsi maintenues à un rythme soutenu.

Depuis deux ans, l’univers des ESN est en pleine transformation avec de nombreuses opérations de fusions-acquisitions. L’année 2020 a notamment été faste en la matière, avec notamment le difficile rachat d’Altran par le géant français de l’informatique Capgemini, la justice étant même intervenue pour statuer sur la conformité de l’offre.

D’autres opérations ont été introduites sur le spécialiste dans l’exploitation et l’analyse de données Business & Decision, le leader européen des logiciels de santé Dedalus (ex-Medasys) ou Dalet, Cohéris ou EasyVista, sur l’année 2020. La société de services informatiques ITS Group tout comme Harvest, l’éditeur de logiciels destinés aux métiers du conseil financier et patrimonial également, ont eux aussi fait leurs adieux à la Bourse de Paris sur les deux dernières années. Les dirigeants-fondateurs des deux sociétés ont été aidés respectivement par Ardian et Five Arrows (filiale de Rothschild & Cie).

Les dirigeants-fondateurs à la manœuvre

La fin de l’année 2020 a été marquée par le début des OPA en deux temps à l’image des opérations Devoteam et Groupe Open. Les fondateurs de l’entreprise Devoteam ont privilégié le soutien du fonds KKR pour retirer leur société de la cote. Une première offre à 98 euros a été formulée mais elle ne rencontre pas le succès proposé. Un an plus tard, ces mêmes initiés proposent une offre généreuse de…168,50 euros par action pour parvenir à leurs palmes.

Groupe Open fait l’objet d’une OPA dans des conditions similaires à celles de Devoteam. Une nouvelle fois, les dirigeants-fondateurs accompagnés d’un fonds d’investissement (dans l’occurrence Montefiore Investment) ont été à la manœuvre. Mais le prix proposé de 15 euros par action n’a pas déchainé les fautes, seulement 71 % du capital a été versé. Pour les actionnaires récalcitrants, leur patience a été récompensée puisque treize mois plus tard, soit début 2022, le même Groupe Open est une nouvelle fois visée par une offre plus généreuse des initiateurs à l’origine de la première proposition. L’argument d’une offre cette fois-ci de 33,50 euros a fait pincer les minoritaires les plus rétifs. En avril 2022, Groupe Open quitta la Bourse de Paris, après 24 ans de présence.

Une vague d’OPA à suivre ?

La vague d’OPA s’est poursuivie en 2022. Le début d’année a été par exemple marqué par le rapprochement entre la société canadienne CGI et l’entreprise française Umanis. Fondée en 1990 et délivrée en Bourse en 1998 au plus fort de la bulle techno, sous le nom d’Europstat, Umanis couvre les domaines du Big Data et de l’IA, l’intégration et les infrastructures cloud, etc. La palette de services proposés par le français a définir les convoitises du groupe canadien qui cherchait à présenter sa présence en France.

Sopra Steria a pour sa part annoncé fin juillet une entrée en négociations exclusives avec la direction de CS en vue de l’acquisition d’un bloc majoritaire représentant 29,7%. L’ESN qui occupe le top 10 français va ainsi monter à 65,3% du capital de sa cible, les autres actionnaires (IRA Holding et des fondateurs de Novidy’s) se sont engagés à vendre leurs actions.

Cette prise de participation majoritaire sera suivie du dépôt d’une OPA simplifiée au début de l’année 2023, en vue d’acquérir le solde du capital. Sopra Steria entend ainsi se renforcer dans les secteurs de la défense et de la sécurité avec l’acquisition de CS Group et de ses solutions technologiques en vue d’assurer la sécurité des opérations et des missions critiques de ses clients.

« Alors que les rangs des ESN comptent de moins en moins de sociétés du fait des OPA (près de 10 sur le secteur depuis 2020), et que les IPO sur le secteur se font rares, la cote offre désormais un choix réduit qui devrait bénéficier à certains dossiers décotés comme Micropole (qui se paie actuellement 2,7x l’EBIT attendu pour 2023) ou encore ceux offrant une excellente visibilité comme Sword Group et Infotel », découvert EuroLand Corporate.

Sabrina Sadgui – ©2022 BFM Bourse

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