la présidence de l’UE veut un tribunal pour crimes de guerre

Environ 450 tombes ont été découvertes en périphérie d’Izyoum, ville récemment libérée par l’Ukraine. Certains des corps exhumés présentaient des signes de torture.

La présidence tchèque de l’UE a appelé samedi 17 septembre à la création d’un tribunal international spécial après la découverte de centaines de corps près d’Izyoum, ville reprise aux Russes dans l’est de l’Ukraine, où les combats persistent .

«Au XXIe siècle, de telles attaques contre la population civile sont impensables et odieuses», a déclaré sur Twitter le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavsky, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne. «J’appelle à la création rapide d’un tribunal international spécial».

Les autorités ukrainiennes ont fait état vendredi de «450 corps de civils portant des traces de mort violente et de torture» enterrés dans un bois à la périphérie d’Izyoum.

Le chargé des droits humains ukrainien, Dmytro Loubinets, a parlé de «probablement plus de 1000 citoyens ukrainiens torturés et tués dans les territoires libérés», et le chef de la police ukrainienne, Igor Klymenko, a fait état de la découverte de 10 «salles de torture». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé les crimes d’une armée de «tortionnaires».

L’annonce de cette découverte macabre a déclenché une nouvelle vague d’indignation en Occident, un peu plus de cinq mois après la découverte de nombreuses exactions russes, notamment dans la localité de Boutcha.

«Le monde doit réagir»

«Le monde doit réagir à tout ça. La Russie a répété à Izyoum ce qu’elle avait fait à Boutcha», a déclaré le président Zelensky dans un message vidéo. L’ONU a dépêché une équipe sur place pour se joindre à l’enquête ukrainienne.

Les États-Unis et l’Union européenne ont fait part de leur indignation, tenant pour responsable la direction russe qui devra «rendre des comptes», un assuré du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souhaité la comparaison du président russe Vladimir Poutine devant la justice internationale pour crimes de guerre.

Le président américain Joe Biden a de son côté une nouvelle fois mis en garde son homologue russe contre l’utilisation d’armes chimiques ou nucléaires en Ukraine.

Sur le terrain, les combats perdurent

Sur le terrain, où les forces armées ukrainiennes par les Occidentaux, ont repris des milliers de km² à la faveur d’une contre-offensive dans le Nord-Est, les combats et bombardements ont continué. À Koupiansk, reprend la dernière semaine par les forces ukrainiennes, les affrontements se poursuivent avec l’armée russe retranchée du côté est de la rivière Oskil.

Selon un communiqué de l’état-major des forces ukrainiennes, «l’ennemi a mené au cours de la journée quatre frappes de missiles et 15 frappes aériennes, ainsi que plus de 20 frappes de lance-roquettes multiples sur des sites civils et militaires en Ukraine».

Une centrale thermique « bombardée »

Une centrale thermique a été «bombardée par les envahisseurs russes» samedi 17 septembre à Mykolaïvka, a affirmé Pavlo Kyrylenko, le gouverneur de la région de Donetsk sur Telegram, entraînant incendies et coupures d’eau potable. «Les occupants visent délibérément les infrastructures dans la région pour essayer d’infliger le plus de dommages possibles, en premier lieu à la population civile.»

Dans la région voisine de Dnipropetrovsk, «les Russes ont tiré toute la nuit sur le district de Nikopol avec des Grad, lance-roquettes multiples, et de l’artillerie lourde», a affirmé le gouverneur local Valentin Reznitchenko, indiquant qu’il n’y avait pas de victimes, mais des dommages matériels importants.

L’armée russe, qui nie viser des infrastructures civiles ou des zones d’habitation, affirme avoir mené des frappes de «haute précision» contre des positions ukrainiennes dans les régions de Mykolaïv et de Kharkiv.

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