aux Etats-Unis, l’école selon Jeff Bezos, Mark Zuckerberg et Elon Musk

La maternelle de McCarver, à Tacoma, dans la banlieue de Seattle, n’est pas tout à fait ordinaire. D’abord, c’est une école Montessori. A la rentrée, la semaine du 5 septembre, les élèves de 3 ans à 5 ans ont trouvé dans ses salles de classe en bois clair le genre de matériel pensé par la célèbre pédagogue italienne pour développer l’autonomie : seuls ou en petits groupes, sur une table ou un tapis au sol, ils dessineront dans un bac à sable, compteront avec des galets et des cartes ornées de chiffres…

Autre originalité, l’établissement n’accueille pas les familles aisées habituelles des écoles Montessori : gratuit et installé dans un quartier défavorisé, il cible les 50 % d’Américains privés de maternelle, car trop riche pour accéder aux classes publiques gratuites, et trop pauvres pour payer 13 000 dollars (13 000 euros) par une école privée.

Enfin, un signe encore plus distinctif est écrit en lettres blanches sur un panneau bleu à l’entrée : Bezos Academy. En effet, McCarver est l’une des cinq maternelles Montessori ouvertes depuis 2019 par le fonds philanthropique du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos. Cette structure précise vouloir en créer « 17 autres entre 2023 et 2025, dans l’État de Washington, en Floride et au Texas », verser « 1 300 élèves ».

« Faire un prototype, l’améliorer et le réussir largement »

L’essor de ces écoles d’un genre nouveau est, pour l’heure, « modeste », constate Mira Debs, directrice du département de sciences de l’éducation de l’université Yale (Connecticut). Mais la Bezos Academy et son président, Michael George, ont « une approche précise, inspirée d’entreprises comme Amazon », raconte cette autrice d’un livre sur les écoles Montessori, qui, lors d’une séance de dédicaces en 2019, a reçu la visite de ce vétéran de l’entreprise d’e-commerce où il a passé seize ans. « Leur démarche est de faire un prototype, puis de l’améliorer, puis de le réduire largement », analyse-t-elle.

« Nous utiliserons les mêmes principes qu’Amazon, notamment une véritable obsession du client. L’élève sera le client », avait théorisé M. Bezos en annoncént le projet. Que pense Mmoi Académie Debs de la Bezos ? Elle a été « agréablement surprise » que l’organisation prend contact avec la communauté Montessori, mais aussi noue des partenariats avec des mairies, des bailleurs ou des maisons de retraite, qui lui mettent à disposition des locaux. Mais, regrette l’universitaire, M. Bezos pourrait avoir « un impact encore plus grand » en soutenant aussi les organisations Montessori existantes qui ont déjà rencontré des populations défavorisées.

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