la Corse endeuillée après de violents et soudains orages

Le bilan est lourd en Corse après un épisode orageux d’une rare violence, jeudi 18 août, qui a fait cinq morts et une vingtaine de blessés – dont quatre en urgence absolue –, selon le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui s’est rendu sur place en fin de journée « pour exprimer son soutien aux résidents et aux vacanciers ».

Une tempête herculéenne, déversant des rafales dépassant parfois les 200 km/h, un foudroiement intense et de fortes pluies, a traversé l’île d’ouest en est, entre 8 h 15 et 9 h 35. Un pic à 224 km/h dans le village de montagne de Marignana a été relevé par Météo-France, qui avait placé les deux départements en vigilance jaune, avant de repasser tardivement à l’orange dans la matinée.

Lire aussi : Orages en Corse : Météo-France invoque une situation « difficilement prévisible »

La plupart des victimes touristiques sont des vacanciers, dans cette période qui marque l’apogée de la saison dans l’île. Dans la pinède de Calvi (Haute-Corse), un campeur de 46 ans a été écrasé par la chute d’un arbre sur son bungalow. A Erbalonga, balcon sur la mer à la périphérie de Bastia, les autorités déploraient le décès d’un kayakiste de 60 ans, dont la disparition avait été signalée quelques heures plus tôt par son mari. Toujours en mer, mais cette fois en Corse-du-Sud, un pêcheur âgé de 62 ans a trouvé la mort dans le golfe de Girolata, aux portes de la réserve naturelle de Scandola.

Aux abords de la plage du Liamone, située sur la commune de Coggia, à une trentaine de kilomètres d’Ajaccio, une femme de 72 ans a été mortellement frappée de plein fouet par la toiture d’une paillote arrachée par le vent. Non loin, dans la station balnéaire de Sagone, une adolescente de 13 ans en villégiature a perdu la vie dans un camping, victime de la chute d’un arbre sur le bungalow qu’elle occupait avec sa famille. Son oncle et sa sœur de 11 ans, gravement blessés, ont été transportés au centre hospitalier de la Miséricorde à Ajaccio.

« Les arbres tombaient comme des allumettes »

Au sein de cet établissement d’hôtellerie de plein air, comme les autres vacanciers, quatre colonies de vacances – comptant 124 enfants et vingt-deux adultes – ont été prises en charge, principalement dans la salle des fêtes et au couvent de Vico.

« Dans ce camping, les gens hurlaient dans tous les sens, les arbres, des aulnes énormes, tombaient comme des allumettes, cela a duré une dizaine de minutes »rapport au Monde le maire (divers droite) de Vico et le président de l’intercommunalité, François Colonna. « Les villageois ont pris en charge les enfants de la colonie de vacances pour leur changer les idées avant leur départ sur le continent, samedi, car ils ont subi un traumatisme »indique l’édile. « Il y avait une masse noire, des trombes d’eau, et on avait l’impression qu’une poche se crevait d’un coup : la force du vent a déplacé mon 4 × 4 de 6 mètres »poursuit M. Colonna.

Il vous reste 60,8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.