Le secteur des méthaniers ne connaît pas la crise

S’il est une filière qui profite de la reconfiguration énergétique mondiale, c’est celle des méthaniers. Avec leurs cuves géantes, ces navires, chargés de transporter le gaz naturel liquéfié (GNL), très prisés des Asiatiques, sont, depuis le début de la guerre en Ukraine, également plus visibles sur les côtes européennes. « En six mois, nous avons obtenu plus de commandes que sur l’ensemble de l’année 2021 »Philippe explique Berterottière, PDG de Gaztransport & Technigaz (GTT), un bureau d’études français dont les ingénieurs dessinent les plans de ces bâtiments dans le monde entier.

Au premier semestre, l’entreprise de 600 personnes a signé un nombre record de commandes, pour 88 navires contre 68 en 2021, sur l’année entière. De quoi s’assurer, affirme-t-elle, un carnet de commandes bien rempli jusqu’en 2026, même si ces signatures, et celles de 2021, ne se sont pas encore rendues répercutées sur l’activité du premier semestre 2022 (114 ,2 millions de chiffre d’affaires). De fait, la société a subi des retards dans le calendrier de construction. Des contretemps qui demandent des « difficultés d’approvisionnement liées au régime des sanctions [visant la Russie] » ous dés « confinements et mouvements sociaux en Asie ».

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Actuellement, 210 méthaniers sont en cours de fabrication dans le monde, sur les chantiers navals, principalement sud-coréens et chinois, dans le mais d’être livrés jusqu’en 2026, essentiellement dans leur région. Car Pékin, avec 30 % des commandes, et Séoul, sont, aujourd’hui, les principaux acheteurs.

« Les Asiatiques ont tendance à s’approvisionner en GNL pour éviter d’avoir recours au charbon trop polluant. Mais lorsque les prix sont trop élevés, comme c’est le cas actuellement, ils préfèrent rouvrir leurs centrales et revendre une partie de leur GNL à l’Europe »détaille le patron de GTT, alors que la Chine a réduit sa consommation de 10 % au premier semestre. « Actuellement, les bateaux en direction de l’Asie sont souvent redirigés vers l’Europe, où les Asiatiques revendent leur cargaison quatre fois le prix auquel ils l’achètent sur les contrats de long terme »précise-t-il.

A cette demande asiatique s’ajoute donc d’autres paramètres permettant d’expliquer le besoin en infrastructures pour les années à venir. En l’occurrence, « l’accélération attendue des commandes de méthaniers de la part du Qatar » ainsi que « l’augmentation de la demande de GNL en Europe ». Selon le cabinet de conseil Wood Mackenzie, les importations européennes pourraient augmenter de 40 % en 2022. De son côté, l’Agence internationale de l’énergie pourrait augmenter de 25 %.

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