La Gazelle, la 2 CV du 21e siècle, une voiture low tech et électrique conçue à Bordeaux

C’est une pépite née à Bordeaux en Gironde. La Gazelle est fabriquée à partir de matériau composite dans des micro-usines, en un rien de temps. Très légère, elle consomme presque deux fois moins que ses concurrentes. Son concepteur veut lancer un nouveau modèle industriel. Cet article a été publié le 15 février 2022.

Gaël Lavaud est-il un visionnaire ? Cela fait des années qu’il a pensé à changer les méthodes de fabrication dans l’industrie automobile. Il est aujourd’hui tout près du but.

Ancien de la prestigieuse école Centrale de Lyon, ex de la direction du développement du groupe Renault, il est persuadé que l’avenir sera au « low tech » à l’exact opposé de la haute technologie.

Soit une technologie basée sur la simplicité, la durabilité, produite et de façon plutôt artisanale qu’industrielle.

A l’inverse des giga usines qui concentrent la production à un endroit puis exportent dans le monde entier, on veut au contraire répartir des micro-ateliers d’assemblage aux quatre pièces du monde et créer des emplois là où ils vont être utilisés.

Gaël Lavaud

France 3 Aquitaine

Ce modèle, il a mis huit ans à le mettre au point.

Ce lundi matin, il nous accueille dans la toute première « usine » qu’il a conçue, installée dans les locaux de l’incubateur de startups Bordeaux Technowest à Blanquefort, dans la métropole bordelaise.

Quatre conteneurs sont accolés, aucune grosse machine, nul robot à l’intérieur…

 » C’est vraiment ultra basique avec trois conteneurs dédiés à l’assemblage et un au fond pour le stockage des pièces détachées. Vous avez un concept dans la logique du low tech où on va rendre l’assemblage et la maintenance des véhicules le plus simple possible ».

Avec une caisse à outils et un peu d’air comprimé on peut monter des voitures !

Gaël Lavaud

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En effet. Le châssis de la Gazelle est monté en une heure, tel un lego. Et pour cause : il n’y a que 10 éléments à assembler contre environ 300 pour une voiture classique.

Le secret ? C’est le matériau utilisé. Pas d’acier, pas d’équipement requis.

 » C’est une technologie de châssis entièrement en matériau composite. Avec une fibre de verre associée à d’autres matériaux peu chers qui permettent un comportement mécanique extraordinaire en termes d’absorption d’énergie et de rigidité  » explique Gaël Lavaud qui a obtenu la note maximale au crash test.

Sa technologie est brevetée et jalousement gardée secrète.

Outre l’assemblage facile, le matériau composite permet d’alléger la voiture.

 » Elle fait à peu près 900 kg, on pourrait encore baisser à 800  » assure le concepteur girondin. Alors qu’une citadine classique pèse au minimum 1,2 tonne. »

La légèreté, c’est de la consommation en moins puisque les trois quarts de la consommation d’un véhicule, c’est son poids. En allégeant comme on l’a fait, on réduit à peu près de 40% la consommation ».

« Et puis, un des coûts importants du véhicule électrique, c’est sa batterie. Là, même en demandant la batterie sur l’autonomie que les autres. C’est grâce à ça qu’on arrive à avoir un véhicule compétitif en prix . Il va sortir autour de 20 000 euros ».

La batterie permet d’effectuer 180 kilomètres. Elle se recharge en 4 heures sur une prise électrique classique.  » C’est une voiture qui ne dépasse pas les 100 km/h. L’idée, c’est d’avoir vraiment un véhicule simple et efficace pour tous les trajets du quotidien, c’est un peu la 2 CV du 21e siècle » explique Gaël.

Son premier objectif est d’équiper les collectivités et les entreprises qui devront obligatoirement convertir leurs flottes de véhicules au tout électrique d’ici quelques années.

Mais rapidement, ce sont ces micro-usines qu’il veut commercialiser. Les vendre, vendre les pièces détachées et de la formation auprès de concessionnaires ou autres.

 » Ils assurent l’assemblage en plus de la vente et de la maintenance. Ca leur coûtera très peu en investissement de départ. Une micro-usine, c’est environ 250 000 euros« .

Gaël Lavaud a ainsi pour ambition de créer de l’activité dans tous les lieux du territoire.

L’intérêt des micro-usines est qu’elles permettent de développer une activité économique avec très peu d’investissement là où il n’y a rien. Elles sont adaptées pour créer de l’emploi dans nos campagnes et dans des pays émergents qui n’ont pas de constructeurs.

Gaël Lavaud

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Avant de voir rouler les « Gazelle », il reste à franchiser une étape importante : l’obtention de l’homologation officielle. Elle est prévue à l’automne 2022.

Voici le reportage de C. Albo et S. Delalot

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