EXCLUSIF. Covid-19 : le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale « arrête son travail », annonce Alain Fischer à La Dépêche

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Fin du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, nouveaux vaccins en cours d’élaboration pour lutter contre les variants, pas de généralisation de deuxième dose de rappel à toute la population… Entretien avec le « monsieur vaccin » du gouvernement, Alain Fischer, en charge de développer la stratégie vaccinale contre le Covid-19.

Nouveaux vaccins en cours, disparition du Conseil d’orientation de la vaccinale, élargissement de la dose de rappel… Alain Fischer, en charge de la stratégie vaccinale mise en place par l’État, revient sur les nouvelles perspectives stratégiques liées à la vaccination, afin de lutter contre la pandémie de Covid-19.

Le 31 juillet, le Conseil scientifique a été supprimé : qu’en est-il du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale ?

Il n’était pas dans la loi précédente donc il n’est pas l’objet de la loi, mais le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, que je préside, arrête aussi son travail. L’idée est que le comité soit mis en place un nouveau qui assure la fonction qu’assure le Conseil scientifique ainsi que celle qui assure par le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale. J’imagine qu’il devrait être en place à l’automne.

Allez-vous rester en poste ?

Non. Si le gouvernement me pose des questions, j’essaye d’y répondre avec mes collègues mais ensuite je n’assurerai plus de responsabilité dans ce domaine.

La deuxième dose de rappel vient d’être élargie aux personnes à risque, aux femmes enceintes notamment : va-t-elle être ouverte au reste de la population générale ?

Elle n’est pas recommandée. Maintenant, si quelqu’un qui a 40 ans, qui est en bonne santé, a envie d’avoir un rappel supplémentaire, personne ne l’empêchera de le faire. Mais elle n’est pas recommandée, parce que ces personnes-là sont bien protégées par les vaccinations qu’elles ont eues antérieurement. Ce ne sont pas les personnes à risque d’aller à l’hôpital.

C’est aussi dû au fait que la variante BA.5 ne vous inquiète pas, au point de généraliser cette dose de rappel ?

Oui, la variante BA.5 ne provoque pas une maladie plus grave que les variantes précédentes. En fait, à partir du variant BA.1 (Omicron), tous les variants ont été plus transmissibles, ce qui explique qu’il y ait eu beaucoup de cas au cours de ces derniers mois, mais moins sévères en termes de gravité de la maladie, que ne l’était par exemple la variante qu’on a eu à l’automne 2021, la variante Delta. Ces choses changeaient si on avait une nouvelle variante qui apparaissait et qui provoquait une infection aussi sévère que Delta. Dans ce cas-là, il faudrait probablement recommander un rappel à toute la population. Tant qu’il n’en est pas ainsi, il n’y a pas de recommandation de ce type.

Le vaccin actuel est-il adapté aux nouvelles variantes ?

Alors le vaccin actuel c’est encore le vaccin initial, celui qui a été développé courant 2020. C’est-à-dire celui qui a été fondé sur la séquence du virus, la souche dite ancestrale, celle qui est apparue en Chine. Et ce vaccin est efficace. Mais, sont également en cours de développement de plusieurs autres vaccins, qui devraient être disponibles à l’automne. Ils sont fondés sur des combinaisons de séquences, notamment avec l’ajout d’une autre séquence à celle ancestrale, soit celle de BA.1 (le premier variant Omicron), soit même celle de BA.5 qui sera peut-être disponible aussi .

Est-ce que cela voudrait dire qu’on devrait tous se faire revacciner ?

Pas obligatoire. Certainement les personnes les plus fragiles, c’est-à-dire les personnes âgées, très malades, mais aussi leur entourage pour protéger ces personnes-là parce que leur niveau d’immunité est plus faible que les jeunes en bonne santé. Certainement, il faudra envisager de recommander un nouveau rappel à ce public-là. On verra ça à l’automne. Mais pour les personnes plus jeunes et en bonne santé, pas forcément.

At-on atteint l’immunité collective grâce à la vaccination ?

Stricto sensu non. Compte tenu du niveau de transmission du virus avec les différentes variantes qui se sont développées les uns derrière les autres, ily a un niveau de transmission qui est tel qu’on ne peut pas générer une immunité qui évite complètement cette transmission. En ce sens on ne peut pas atteindre une immunité collective, telle qu’on pouvait l’espérer au début de la vaccination, parce qu’à l’époque, au début 2021, la variante qui circulait était beaucoup moins transmissible. Par contre la vaccination garde son objectif de diminuer la transmission, de diminuer le nombre de cas et puis surtout de prévenir les formes graves.

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