Des tensions éclatent au nord du Kosovo, la mission de l’Otan se dit «prête à intervenir» en cas d’instabilité

La police kosovare a déclaré dimanche avoir été la cible de coups de feu dans le nord du pays où des barricades ont été renforcées sur des routes menant en Serbie, afin de protester contre la politique frontalière du gouvernement.

La mission de l’Otan au Kosovo (KFOR) s’est dite, dans un communiqué publié dimanche, «prête à intervenir si la stabilité est menacée» dans le nord du Kosovo, où des tensions ont été constatées ces dernières heures. «Notre mission est entièrement dispensée sur la mise en œuvre quotidienne de son mandat de l’ONU pour assurer un environnement sûr et sécurisé et la liberté de circulation pour tous les habitants du Kosovo», at-on ajouté dans ce document, faisant d’une «situation générale sécuritaire tendue» dans les municipalités du nord du pays.

La police kosovare a déclaré dimanche avoir été la cible de coups de feu dans le nord du pays où des barricades ont été renforcées sur des routes menant en Serbie, afin de protester contre la politique frontalière du gouvernement. Ces tirs n’ont fait aucun blessé, a précisé la police dans un communiqué. Les deux points de passages ont été fermés à la circulation. Dimanche soir, des centaines de Serbes du Kosovo ont massé camions, camions-citernes et autres véhicules lourds sur les routes menant aux points de passage de Jarinje et Brnjak, a révélé un journaliste de l’AFP. Une foule s’est alors installée autour des barricades, avec l’intention affichée d’y passer la nuit. Des sirènes de raid aérien ont retenu pendant plus de trois heures dans la petite ville de North Mitrovica, habitée principalement par des Serbes.

Des tensions similaires en 2021

Depuis lundi, toute personne entrant au Kosovo avec une carte d’identité serbe devra la remplacer par un document temporaire pendant son séjour dans le pays, selon une décision du gouvernement de Pristina. Par ailleurs, les Serbes du Kosovo, dont les véhicules portent des plaques d’immatriculation délivrées en Serbie, devront les remplacer par des plaques de la République du Kosovo dans un délai de deux mois.

Le premier ministre Albin Kurti a précisé dimanche qu’il s’agissait d’une mesure de réciprocité, dans la mesure où la Serbie – qui ne reconnaît pas l’indépendance de son ancienne province à majorité albanaise proclamée en 2008 – en exige autant des Kosovars qui entrent sur son territoire. Les Serbes du Kosovo ne reconnaissent pas l’autorité de Pristina, ni l’indépendance du Kosovo, et restent fidèles à Belgrade dont ils dépendent financièrement.

Le président serbe Aleksandar Vucic a déclaré, dans un discours à la nation dimanche, que la situation au Kosovo n’avait «jamais été aussi complexe» pour la Serbie et les Serbes qui y vivent. «L’atmosphère a été portée à ébullition», a déclaré M. Vucic, ajoutant que «la Serbie gagnera» si les Serbes sont attaqués. De son côté, Albin Kurti a accusé M. Vucic de renvoyer des «troubles». «Les prochaines heures, jours et semaines peuvent être difficiles et problématiques», écrit le président kosovar sur Facebook.

En septembre dernier, le nord de Kosovo a été le théâtre de vives tensions, après la décision de Pristina d’interdire les plaques d’immatriculation serbes sur son territoire, émaillées de manifestations quotidiennes et blocage de la circulation aux deux postes frontières. Les tensions entre les deux pays sont désormais à leur plus haut niveau depuis des années et la paix fragile du Kosovo est maintenue par une mission de l’Otan qui compte 3770 soldats sur le terrain. Des casques bleus italiens étaient d’ailleurs visibles dimanche à Mitrovica et dans ses environs. Les deux pays se sont engagés en 2013 dans un dialogue parrainé par l’Union européenne pour tenter de résoudre les problèmes en suspens, mais peu de progrès ont été réalisés.

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