Des silos à grains du port de Beyrouth s’effondrent à la suite d’un incendie

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Des silos à grains endommagés au port de la capitale libanaise se sont effondrés ce dimanche 31 juillet à la suite d’un incendie, à quatre du deuxième anniversaire de l’explosion dévastatrice dans ce port.

Les deux tours se sont effondrées dans un énorme fracas, noyant le port de Beyrouth dans un nuage de poussière. Des hélicoptères de l’armée ont immédiatement survolé le secteur pour larguer de l’eau et tenter d’éteindre complètement le feu dans la structure. Ce dimanche soir, le ministre des Transports publics, Ali Hamiyé, indiquait que deux autres silos menaçaient de s’écrouler.

Les autorités libanaises avaient prévenu la semaine dernière qu’une partie des silos pourrait s’effondrer alors que la partie nord des installations commençait à s’incliner. Un incendie couvait dans les silos depuis plusieurs semaines. Selon les autorités, la chaleur estivale a enflammé les céréales en fermentation ayant pourri à l’intérieur depuis l’explosion s’est produite le 4 août 2020qui avait fait plus de 200 morts et 6 500 blessés, et ravagé des quartiers entiers de la capitale libanaise.

Touchés de plein fouet par le souffle de l’explosion, les silos à grains du port s’étaient partiellement écroulés. Certaines parties contiennent toujours quelque 3 000 tonnes de blé et autres céréales qui n’ont pu être retirées à cause du danger d’effondrement, selon les autorités. En avril, le Liban avait ordonné la démolition des silos, mais la décision a été suspendue en raison de l’opposition des proches des victimes du drame qui veulent en faire un lieu de mémoire.

Pénurie de douleur

Ces dommages ont réduit les capacités de stockage du pays qui, par ailleurs, importent 80 % de ses besoins en farine d’Ukraine. Résultat, le Liban est désormais touché par une grave pénurie de douleur. Les fichiers d’attente se forment dès l’aube devant les rares boulangeries encore fournis. Les Libanais sont contraints d’attendre sous une forte chaleur pendant des heures pour obtenir un paquet de pain, et les frictions se multiplient entre des clients tendus et fatigués. Mardi encore, l’armée a dû intervenir dans une boulangerie prise d’assaut et vandalisée par des clients en colère à Taalbaya, dans l’est du pays.

Voilà deux semaines maintenant que dure ce calvaire, et malgré les promesses d’amélioration faites par les autorités, la situation ne cesse d’empirer. Le blé est l’une des denrées rares qui restent subventionnées par l’État depuis la crise sans précédent qui a plongé dans la pauvreté plus de 80% de la population, selon les organisations internationales.

La dépréciation de la livre libanaise qui a perdu 90 % de sa valeur face au dollar, et l’épuisement des stocks de farine ont favorisé le développement du marché noir, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifé. Le paquet contenant six pains traditionnels est vendu deux fois et demi son prix sur le marché parallèle. La récente saisie d’une cargaison de 5 000 tonnes de blé sous prétexte qu’elle a été  » volée » à l’Ukraine a ainsi provoqué la colère de la population.

Le ministère de l’Économie accuse certaines boulangeries de stocker la farine subventionnée ou de l’utiliser dans la production de produits non subventionnés. Les boulangeries accusent, elles, la Banque centrale de ne pas ouvrir les lignes de crédit suffisantes à l’importation. Pour assurer l’approvisionnement, le Parlement a approuvé mardi un prêt de 150 millions de dollars de la Banque mondiale (BM) destiné à financer les importations de blé.

(Et avec les agences)

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