« Au-delà de l’inflation, la lente paupérisation des classes moyennes »

« La convergence du macronisme et du vote retraité relève avant tout des effets de distorsion entre le monde réel et le monde du vote : sur un malentendu, ça a marché », estime Louis Chauvel. LUDOVIC MARIN/AFP

ENTRETIEN – Pour le sociologue, reconnu pour ses travaux sur le déclin des classes moyennes, une loi sur le pouvoir d’achat ne peut suffire à endiguer la paupérisation de la société française.

Louis Chauvel est professeur à l’université du Luxembourg, il a notamment été publié Le Destin des générations (PUF, 2014)Les Classes moyennes à la dérive (Seuil, 2006) et La Spirale du déclassement. Essai sur la société des illusions (Seuil, 2016).

LE FIGARO. – Le Parlement vient d’adopter un projet de loi sur le pouvoir d’achat. Au-delà des causes conjoncturelles de l’inflation, faut-il y voir le symptôme d’une paupérisation de la société française ?

Louis CHAUVEL. – Attendre d’une loi qu’elle contrecarre les effets presque océaniques de déplacements de masses monétaires globales, c’est comme construire un barrage contre le Pacifique. Une loi peut endiguer quelque temps les effets violents de distorsions brutales des prix, en réindexant partiellement des revenus fixes ou par la distribution généreuse mais ponctuelle de chèques, pour maintenir à flot le budget des populations en difficulté. Mais elle ne peut briser la spirale de paupérisation, qui ne concerne plus simplement les plus modestes…

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