Le Cac 40 rate son rebond et reste ancré en « bear market », Actualité des marchés

Les opérateurs boursiers y ont cru jusqu’à la dernière minute ! Malheureusement, le Environ 40 a terminé sous son niveau de flottaison à 5.882,65 points, en petite baisse de 0,06% sur la journée, après avoir touché un plus-haut à 5.974,06 points. Le volume de transactions a totalisé 7,77 milliards d’euros grâce au phénomène technique des « Quatre sorcières », qui marque l’arrivée à échéance des contrats et options à terme sur indices et actions.

A la veille du week-end, l’indice parisien reste bloqué sous le seuil symbolique des 5.900 points. Surtout, il ne parvient pas à s’extirper du « bear market » dans lequel il est tombé jeudi soir. Il accuse une baisse de plus de 20% -20,34% très exactement –par rapport à son dernier pic du 5 janvier à 7.384,86 points. Le bilan hebdomadaire est décevant : -4,92 %, soit la plus mauvaise performance depuis le début du mois de mars et l’offensive russe en Ukraine.

Les investisseurs tentent d’évaluer l’impact du mouvement généralisé de remontée des taux directeurs dans le monde sur la croissance, tant celle des pays développés que des économies émergentes, qui subissent de plein fouet la hausse des taux et le renchérissement consécutif du dollar.

Quel impact des politiques monétaires sur la croissance ?

Après la Banque centrale européenne (BCE), qui a ouvert la semaine dernière à une remontée du loyer de l’argent en juillet, la Réserve fédérale américaine a durci le ton mercredi soir, relevant de 75 points de base les taux des Fonds fédéraux, soit le resserrement le plus brutal depuis 1994. D’autres banques centrales, comme la Banque nationale suisse et la Banque d’Angleterre, ont aussi renforcé sur l’accélérateur et d’autres suivront, à n’en pas douter. Reste à savoir si la cadence du resserrement monétaire est la bonne. La question est cruciale.

« On ne sait pas si une accélération du durcissement de la politique monétaire peut affecter trop fortement la demande et casser la croissance de manière trop brutale, allant jusqu’à engendrer une régression. En même temps, si la hausse est trop graduelle, et donc si les taux d’intérêt réels ne montent pas assez rapidement, on risque non seulement de laisser les tensions inflationnistes s’ancrer, mais aussi, à terme d’affaiblir de manière durable la croissance », souligne Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche à La Banque postale asset management (LBPAM).

BNP Paribas drague ABN Amro

Aux États-Unis, les derniers indicateurs d’activité ont été déçus, pointant vers une décélération du rythme de croissance. En mai, la production industrielle n’a augmenté que de 0,2 %, contre +0,4 % attendu par le marché, tandis que l’indice Philly Fed, compte tenu des conditions d’activité dans la région de Philadelphie, a reculé contre toute attente à -3,3 en juin, contre 2,6 en mai, tombant à son plus bas niveau depuis mai 2020.

Sur le front des valeurs, le géant de l’optique EssilorLuxottica (+3,8%) a annoncé un programme de rachat d’actions portant sur un nombre maximum de 2,5 millions de titres, soit 0,6% du capital. Le programme débute ce vendredi pour se terminer le 31 août. Les actions rachetées sont destinées à être attribuées ou cédées aux salariés et mandataires sociaux du groupe.

Au chapitre des fusions-acquisitions, BNP Paribas (+0,46%) a exprimé son intérêt pour un éventuel rachat de la banque ABN Amropassé sous pavillon néerlandais durant la crise financière, rapporte l’agence de presse financière Bloomberg en citant des sources au fait des discussions.

Les analystes à la manœuvre sur l’aéronautique et l’aérien

Parmi les notes d’analystes, Exane BNP Paribas a réitéré son opinion à « surperformance » sur le motoriste Safran (+1,56%) pour viser un cours cible de 34 euros, tandis que Kepler Cheuvreux a relevé sa recommandation sur le titre Lissi (+5,15%) de « conserver » à « achat » en supposant que la reprise de l’activité post-Covid du sous-traitant aéronautique n’est pas encore intégrée dans les cours. Enfin, dans une note à ses clients, Jefferies a indiqué qu’un nouveau rapport de la certification du Boeing 777X pourrait doper la demande pour l’A350 d’Airbus (+1,20%). Dans le secteur connexe de l’aérien, Oddo BHF est passé de « sous-performance » à « neutre » sur le titre Air France-KLM (+1,12%). L’analyste en charge de la valeur estime que l’été et l’arrière-saison seront solides en raison d’une forte demande refoulée. Le « plan de transformation sous-estimation [et] le partenariat avec CMA CGM supporte les volumes et le rendement », indique l’expert.

Parmi les autres notes d’analystes, Société Générale a dégradé Eurofins Scientifique (-3,49%) de « achat » à « conserver », et relevé Klépierre (+3,19%) de « vendre » à « conserver ».


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