Pourquoi Poutine « trompé » s’est jeté dans la guerre : les confidences d’un diplomate russe repenti

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Boris Bondarev, conseiller auprès de la mission russe à l’Office des Nations unies, a récemment annoncé sa diffusion de la diplomatie russe. Il détaille certains points de sa décision dans un entretien exclusif à la presse française.

Fait rare depuis le début du conflit en Ukraine. Boris Bondarev, conseiller auprès de la mission russe à l’Office des Nations unies, a présenté sa démission de la diplomatie russe car il ne soutenait plus les décisions du Kremlin. « Jamais je n’ai eu autant honte de mon pays que le 24 février de cette année », avait-il déclaré.

Interrogé par Franceinfo, il est revenu sur sa décision et sur ce qui l’a définitivement convaincu de claquer la porte. Décryptage.

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« Une politique inamicale voire hostile »

Il s’était d’abord exprimé via une lettre, publiée fin mai dans laquelle il dénonçait lesdites dérives du gouvernement russe : « Ceux qui ont conçu cette guerre ne veulent qu’une chose : rester au pouvoir pour toujours, vivre dans des palaces pompeux et insipides, naviguer sur des yachts comparables en tonnage et en coût, à l’entièreté de la Marine russe, tout en jouissant d’un pouvoir et d’une impunité totale », avait-il déclaré.

BREAKING : ud83cuddf7ud83cuddfa Le conseiller russe auprès des Nations unies à Genève a démissionné.

Boris Bondarev : « Jamais je n’ai eu aussi honte de mon pays. »

UN Watch appelle maintenant tous les autres diplomates russes aux Nations Unies – et dans le monde – à suivre son exemple moral et à démissionner.

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– Hillel Neuer (@HillelNeuer) 23 mai 2022

Sur Franceinfo, il précise que cette ligne directrice qu’il regrette n’a pas toujours été de mise au sein du gouvernement russe : « Au début des années 2000, nous entretenions d’assez bonnes relations avec les pays révélés. Nous avions fait de la coopération avec les États-Unis et l’Europe une priorité. Mais en 2007, il ya ce discours de Munich dans lequel Poutine tonne contre le monde entier et dit qu’il a été trompé, que l’Ouest n’a pas été à la hauteur de nos attentes. Il décide alors de mener une politique d’endiguement de l’Occident, et la diplomatie a dû épouser cette ligne, c’est une politique inamicale voire hostile », affirme-t-il.

« La Russie a toujours raison »

Boris Bondarev est également revenu sur les décisions prises en Russie et la façon dont cela se fait : « La Russie a toujours raison et nous devons faire valoir nos intérêts sans faire de concessions, parce que seuls les faibles cèdent. Et qu’une grande puissance doit faire respecter ses intérêts vitaux », at-il désigné. L’ex diplomate est aujourd’hui le seul à s’être exprimé de la sorte.

Pourtant, d’autres partagent son point de vue : « J’ai des collègues qui partagent des sentiments similaires, des amis qui ont le même point de vue. On parle de cela bien sûr mais notre avis n’est pas partagé par grand monde , ce n’est pas le point de vue dominant », conclu-il.

Franceinfo rapporte qu’aujourd’hui, Boris Bondarev vit sous protection en Suisse où il a demandé l’asile politique. Prendre la parole de la sorte face au gouvernement russe n’est peut-être pas sans risque pour lui ou sa famille.

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