Pas de médecin pour constater le décès : le cadavre d’une Héraultaise de 77 ans laissé dans sa salle d’eau

Les proches de celle-ci et son compagnon de 79 ans, très choqués, dénoncent un scandale et des principes administratifs aboutissant à un résultat « dramatique, malsain et honteux ».

Ce lundi 6 juin, après 8 h 30, un retraité vivant dans la petite ville de Mèze (Hérault), inquiet de ne pas entendre sa compagnie, parti depuis une vingtaine de minutes dans sa salle de bains, fait une terrible découverte. Elle s’y trouve bien, mais décédée, gisant sur une chaise. « J’ai été assez violemment choqué. Je ne m’y attendais absolument pas ! »raconte l’homme de 79 ans.

Absence de médecin

Il appelle les pompiers. Il tente d’appeler en vain des médecins généralistes locaux. Les pompiers le renvoient sur le 15. Puis sur l’ARS. Il raconte d’une voix fatiguée : « Les gens sont de bonne volonté, mais aucun médecin ne vient pour constater le décès. Il n’y en a pas. Et on m’a dit qu’il est interdit de bouger le corps. Le corps doit rester en l’état où il était ce matin. On ne peut même pas l’allonger. On est dans une situation grotesque. Et depuis ce matin, elle se décompose…. Il est 17 h. et personne ne va venir. Cela devient dramatique, malsain et honteux. C’est scandaleux de traiter un cadavre comme ça ! C’est inacceptable. »

Sans certificat de décès, impossible d’agir

L’homme, qui passe de l’abattement à la colère, dénonce « des prétextes administratifs inqualifiables ! ». Et précise qu’il lui est également impossible de faire venir les pompes funèbres tant que le décès n’aura pas été constaté par un médecin. « Je suis sidéré ».

Avec dignité, il explique que leur médecin traitant « a pris sa retraite au Costa-Rica »que Mèze devient « un désert médical ». Il lâche : « A Mèze, il est interdit de mourir. C’est un drame pour les personnes décédées et pour ceux qui restent vivants ». D’autant plus un lundi férié. Il étouffe un sanglot. « C’est très dur ! »

Colère de la famille

Son genre, lui, est en colère : « Il n’y a aucun médecin. Personne ne vient C’est scandaleux ! On ne peut pas laisser le corps en l’état. Les gendarmes ont fini par dire qu’ils viendront peut-être demain matin ». Beaucoup trop tard pour une famille extrêmement choquée face à ce qu’elle considère comme un non-respect de la personne décédée et ensuite, des siens.

Joints, les sapeurs pompiers de l’Hérault suivis, indiquent que la procédure a été de manière normale. Qu’ils ne peuvent se déplacer et qu’ils ont été renvoyés sur le 15 et le médecin régulateur. Et de constater que « les médecins de ville ne se déplacent plus ». Au 15, on indique qu’en raison du secret médical, il faut s’adresser au CHU.

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