L’inflation aux USA sur les 100 dernières années.

Nous sommes à nouveau dans une période inflationniste et, en conséquence, le nombre d’imbécillités que j’entends proférer par des hommes politiques ou des économistes « officiels » dépasse l’entendement.

Deux choses cependant ressortent de ce tissu d’âneries proférées par les hommes de Davos, oints du Seigneur et autres inspecteurs des finances.

  1. Ce n’était pas prévisible.
  2. Ce n’est pas leur faute.

Et ce sont deux mensonges flagrants.

Pour prouver que ces hommes sont au mieux des incompétents, au pire des vendus, et l’un n’exclue pas l’autre, je vais reprendre l’histoire de l’inflation aux USA sur les cent dernières années, pour montrer d’abord que cette hausse de l’inflation était parfaitement prévisible et ensuite que c’est eux qui l’ont autorisé déplié puisque toute hausse de l’inflation facilite la hausse du poids de l’État dans l’économie, et donc accroit leur pouvoir.

Commençons par essayer de mesurer le phénomène en bâtissant un indice des prix base 100 au 1/ 1/1920 qui serait constitué à moitié du cours du blé ( =nourriture, nécessaire à la survie humaine) et à moitié d’énergie ( =économie, nécessaire au commerce entre humains) et qui reste toujours à 50/50.

Explications. De 1920 à1971, les prix étaient restés relativement stables. Le désastre commence avec l’abandon de l’étalon ou par Nixon, en 1971, ce qui donna la liberté aux banquiers concernés et aux politiciens de faire n’importe quoi, et ils ne s’en privèrent pas.

Le dollar a perdu depuis 97 % de son pouvoir d’achat par rapport à l’Indice IDL blé/énergie en cinquante-deux ans. Difficile de faire pire. Supprimer les banques centrales et interdire les déficits budgétaires me semble être deux mesures à prendre le plus vite possible dans chaque démocratie puisque la dette est une façon déguisée de tourner le vote de l’impôt par le Peuple.

Venons–en maintenant à une mesure plus sérieuse de la hausse des prix et cherchons la cause de la perte de valeur de la monnaie depuis 1920.

C’est ce que je fais dans le deuxième graphique.

La ligne rouge, c’est l’indice des prix IDL défini plus haut.

L’indice des prix de détail aux USA est représenté par la ligne bleue, où l’on voit que le dollar n’a pas perdu 97 % de sa valeur mais seulement 93,5 % (ouf, je me sens mieux).

Dans l’ensemble, l’indice IDL, dont tout le monde comprend la composition et l’indice officiel sont montés ensemble, ont baissé ensemble et ont eu des performances similaires sur le long terme. Mais mon indice à moi ne peut pas être bidouillé par les statisticiens de la banque centrale pour faire disparaître une inflation qui serait bien réelle. Comme le disait Churchill, je n’ai confiance que dans les statistiques que j’ai truquées moi-même.

Une remarque : quand la ligne rouge passe au-dessus de la ligne bleue, cela veut dire que les plus démunis parmi nous voient leur niveau de vie consentir le plus, puisqu’une plus grande partie de leurs dépenses en pourcentage de leurs revenus sont consacrées à la nourriture et à l’énergie. L’inflation est en fait un impôt sur les pauvres, prélevé au profit des richesses et cela est totalement inacceptable.

Venons-en à la question essentielle : qu’est-ce qui a déclenché dans le passé ces hausses de prix ?

Réponse : toujours une politique monétaire débile. C’est donc à chaque fois une décision volontaire et consciente de foutre la monnaie en l’air.

Explications : Nous avons eu depuis un siècle trois poussées inflationnistes d’envergure.

  1. 1937-1950 : les prix doublent sur l’indice officiel et quadruplent sur l’indice IDL
  2. 1971-1982 : les prix doublent sur l’indice officiel et quadruplent sur l’indice IDL
  3. 2004 – …..? : les prix officiels ont déjà doublé, l’indice IDL, plus que quadruplé, mais ce n’est pas fini, le pire est devant nousdepuis la politique monétaire repos inflationniste, les taux réels étant toujours négatifs.

Car, dans les trois cas, nous avons eu des taux réels au départ du phénomène , c’est-à-dire que les autorités politiques ou bancaires ne veulent pas payer le prix du marché pour emprunter, pour pouvoir dépenser plus, dans l’espoir de se faire réélire. En termes simples, elles ont manipulé le prix du temps (les taux d’intérêts) pour pouvoir emprunter plus et dépenser plus, maintenanten taxant les petits épargnants au profit du capitalisme de connivence, qui saura les récompenser quand chacun prendra sa retraite .

Rappelons la définition que Rueff détermine de l’inflation : Subventionner des dépenses qui ne rapportent rien avec de l’argent qui n’existe pas.

Subventionner les dépenses étatiques, c’est ne pas payer le vrai prix pour emprunter, ce qui entraîne toujours d’abord une forte hausse de la masse monétaire et ensuite une accélération de la hausse des prix, ce quiise les plus pauvres. Voilà ce qui a toujoursconduit à l’inflation et qui correspondent très exactement à toutes les périodes hachurées en vert

  • De 1937 à 1950, il fallait financer la deuxième guerre mondiale. Soit.
  • De 1971 à 1982, il fallait financer la Guerre au Vietnam et les nouveaux programmes sociaux créés pendant la Présidence Johnson. Le résultat a été une défaite militaire et une baisse profonde du niveau de vie des plus pauvres.
  • Depuis 2004, les dépenses étatiques explosent aux USA pour financer des guerres interminables et inutiles, Irak, Syrie, Lybie, Afghanistan etc.., une transition énergétique qui va échouer, des transferts sociaux inimaginables et que sais-je encore.

Le résultat sera, comme toujours quand il s’agit de guerres injustes et de dépenses imbéciles, une série de défaites militaires et une nouvelle baisse profonde du niveau de vie des plus pauvres aux États-Unis.

Il ne peut en être autrement.

Venons-en enfin à la dernière question : comment le lecteur de l’IDL peut-il se protéger contre cet appauvrissement qui le guette puisque nos politiciens suivent la même politique ? J’ai déjà souvent parlé des obligations chinoises, des 10 valeurs qui n’ont rien à voir ni avec l’état français, ni avec l’état américain et de l’or.

J’ai aussi expliqué comment bâtir un portefeuille ou 50 % des postes seraient établis en valeurs anti-fragiles (ou et obligations chinoises).

Je vais faire un petit point sur un autre investissement que le lecteur pourrait considérer plutôt comme une spéculation que comme faisant partie du portefeuille stable, je veux parler de l’autre métal précieux, l’argent métal, qui semble très sous-évalué.

Voici le graphique.

Apparemment, si je fais une petite régression entre le cours de l’or et l’indice IDL du cout de la vie aux USA, l’argent métal devrait voir son cours monter d’environ 70% pour rattraper le niveau théorique où il devrait être (R2=.83). Je n’ai jamais rencontré une régression qui m’indiquait une sous-évaluation de 70 % que je n’aimais pas, mais les résultats n’ont pas été toujours adaptés à mes attentes et donc je me méfie un peu. Quand quelque chose est trop évident, j’ai tendance à me méfier.

Mais un investissement en argent métal, même s’il est un peu top évident, me paraît quand même plus astucieux qu’une position en obligation française ou allemande.

J’ouvre une position spéculative sur l’argent métal.

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