les pistes pour atténuer le choc

Le 18 mai, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU) Antonio Guterres lance un cri d’alerte : l’invasion de l’Ukraine par la Russie fin février a placé la planète « sous le spectre des pénuries alimentaires mondiales ». Depuis le début de la guerre, le responsable onusien multiplie les messages alarmants, craignant particulièrement « ouragan de famines » sur le continent africain.

La situation est paradoxale : malgré le conflit qui fait rage en Ukraine, grand producteur mondial de céréales et d’oléagineux, et qui paralyse le trafic de grains en mer Noire, la production mondiale ne devrait peut-être pas faiblir en 2022. Mais l’existence de les stocks ne signifient pas pour autant que les céréales sont disponibles et plusieurs pays se trouvent dans l’incapacité à se fournir sur les marchés internationaux, devenus inaccessibles en raison des prix stratosphériques. La situation est particulièrement préoccupante dans les États les plus dépendants des récoltes ukrainiennes et russes, en Afrique et au Moyen-Orient, qui comptent aussi parmi les plus pauvres et les plus endettés. Parmi les nombreux effets domino de la guerre en Ukraine, le Tchad a décrété ultérieurement le 2 juin l’« urgence alimentaire ».

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En raison du conflit, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait montré, mi-mars, que de 8 à 13 millions de personnes supplémentaires étaient à risque de basculer dans la faim. Cette menace inquiète les instances internationales, qui multiplient les initiatives. Ces dernières années pourtant, peu d’actions ont été limitées, alors que la faim progresse de façon continue depuis 2015, touchant environ 800 millions d’individus, tout comme l’insécurité alimentaire plus large, qui affecte un tiers de la population mondiale. La prise de conscience permettra-t-elle aujourd’hui d’endiguer la spirale de la malnutrition ? Des mesures peuvent être prises, mais deviennent une véritable impulsion politique et diplomatique.

Une multitude d’initiatives internationales sans réel impact

La crise alimentaire est le symptôme d’une coopération internationale en panne. Au cours des derniers mois, les initiatives se sont multipliées pour tenter de trouver des solutions à la situation actuelle, sans succès. Les pays du G7 ont été lancés en mai, avec la Banque mondiale, une Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire (Global Alliance for Food Security, GAFS), qui s’ajoute au groupe de réponse mondiale sur l’alimentation, l’énergie et la finance (Global Crisis Response Group on Food, Energy and Finance, GCRG), créé par l’ONU en avril, ainsi qu’à l’initiative française de la Food & Agriculture Resilience Mission (FARM). Objectif : assurer la sécurité alimentaire des pays les plus vulnérables, en particulier les importateurs de produits agricoles. Les bailleurs de fonds internationaux comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale ou encore la Banque africaine de développement, ont, dans la foulée, dévoilé un plan d’action dans les pays pauvres pour soutenir la production agricole, faire face aux pénuries d’engrais ou encore lutter contre la malnutrition.

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