Streamer, free-to-play… La chasse aux anglicismes est introduite dans le monde du jeu vidéo

Le ministère de la Culture souhaite reprendre la main sur le vocabulaire des « gamers », envahit par des anglicismes. La commission d’enrichissement de la langue française propose une nouvelle liste de termes. Pas sûr que ça plaise à tout le monde…

Le « free-to-play » bientôt oublié ? La langue française cherche à reprendre la main sur le vocabulaire du jeu vidéo, envahie par les anglicismes, avec une liste de nouvelles expressions publiées au Journal officiel. Le jeu vidéo «est un secteur où l’on emploie beaucoup d’anglicismes»qui peut être « une barrière pour la diffusion et la compréhension par les non-pratiquants », a expliqué lundi 30 mai à l’AFP le ministère de la Culture, partie prenante de la Commission d’enrichissement de la langue française. En plus de la difficulté « technique » posé par ce jargon réservé aux initiés, le ministère pointe un risque d’incompréhension «pour ceux qui n’ont pas une pratique de l’anglais courant».

La liste, publiée dimanche 29 mai au Journal officiel, suggère ainsi de remplacer le mot «streamer», désignant une personne qui diffuse du contenu en temps réel, par «joueur-animateur en direct». L’aérien «jeu vidéo en nuage» doit lui se substituer au «cloud gaming», service permettant de jouer à distance sans téléchargement. Certains anglicismes trouvent facilement leur équivalent en français comme le terme « pro-gamer », changé en « joueur professionnel ». Même chose pour le « pass saison », sésame pour le contenu supplémentaire, devenu le « passe saisonnier ». Pour « free-to-play », il faut dire « jeu en accès gratuit » et « jeu vidéo de compétition » devient la version francisée d’« eSport ».

Des termes « obligatoires » pour les textes réglementaires

Pour chaque expression en anglais, « les experts essaient de regarder s’il y a déjà un terme français qui circule, sur les sites de jeu vidéo ou les revues spécialisées »afin de «choisir une traduction qui a déjà un début d’usage»a souligné le ministère.

L’objectif : que « le grand public et les professionnels peuvent reprendre ce vocabulaire » à l’image du mot «infox», une «recommandation de la commission» utilisé comme alternative à « fake news ». « Les termes publiés au JO par la Commission sont d’usage obligatoire pour les agents des services publics »et les textes «réglementaires»a précisé le ministère de la Culture.

Il semblerait cependant que la communauté Twitch française, composée de joueurs de jeux vidéo mais pas que, ne soit pas tout à fait prête à changer son jargon. Les réactions des utilisateurs de la plateforme de diffusion en direct ne se font pas attendre. L’« animateur en direct » Jean Massiet, spécialisé dans le décryptage de l’actualité politique sur la plateforme, a notamment commenté l’annonce sur Twitter.

Le compte de l’émission Popcorn, diffusé elle aussi en direct sur Twitch et présenté par Domingo, a par ailleurs ironisé, s’essayant à son tour à la traduction en remplaçant le terme « talk-show » par « parler-spectacle ».

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