TOUT COMPRENDRE – Qu’est-ce que la 3-MMC, cette drogue présentée comme la « nouvelle cocaïne » ?

Ce produit fait partie des substances qui « suscitent des inquiétudes en Europe », selon l’Observatoire européen des drogues.

Son nom complet est 3-méthylméthcathinone, mais elle est surtout appelée 3-MMC. La consommation de cette drogue, connue depuis le début des années 2010, s’est étudiée dans la population ces dernières années, et est parfois présentée comme une alternative moins chère à la cocaïne. « C’est la nouvelle coke », déclare dans Le Parisien un consommateur récent, qui a essayé pour la première fois ce produit il y a quelques mois.

Dans son dernier rapport, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies parle d’un « phénomène marquant » et cette drogue fait partie des substances qui « suscitent des inquiétudes en Europe », écrivait l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT ) en mars dernier.

• De quoi est composée la 3-MMC ?

Cette drogue fait partie de ce qui est appelée les cathinones de synthèse. Il s’agit d’une « famille de substances de synthèse dérivées de la cathinone naturelle », issue de la plante de khat (Catha edulis), explique le site Drogues Info Service. « Elles imitent plus ou moins les effets de la cocaïne, de la MDMA/ecstasy et des amphétamines. »

La 3-MMC a été identifiée et catégorisée comme une nouvelle substance psychoactive par l’OEDT en septembre 2012, après « une saisie douanière de 51,1 grammes de poudre effectuée le 27 juin 2012 à Göteborg », explique l’organisation européenne. La circulation de cette substance est depuis surveillée, et des saisies de cette drogue sont de temps à autres annoncées.

Ce produit peut se présenter sous la forme de poudre, de cristal mais aussi de comprimés. Il est « ingéré, sniffé, plus rarement consommé (slam) ou consommé par voie rectale », écrit l’OFDT. Il est « sniffé ou ingéré, mais l’injection est également signalée dans des contextes à haut risque, tels que les soirées ‘chemsex' », explique l’OEDT.

• Quels sont ses effets ?

La 3-MMC « a pour but de lever les inhibitions, d’augmenter le plaisir » et était jusque-là « presque exclusivement » consommée « parmi des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) dans des contextes mêlant sexualité , le plus souvent en groupe, et consommation de produits psychoactifs de synthèse », ce qui est appelé le chemsex, explique l’OFDT.

La 3-MMC est « à la fois stimulante, euphorisante et empathogène », continue l’organisme français. Les usagers produisent ses effets « comme une combinaison de ceux de la cocaïne, de la MDMA et des amphétamines », des produits déjà connus dans le milieu festif.

• Pourquoi ce produit se propage-t-il encore plus ?

Depuis quelques années, cette drogue s’est propagée dans d’autres groupes et est utilisée par d’autres personnes, homosexuelles ou hétérosexuelles, dans des contextes festifs. « On observe une extension non négligeable des usages de la 3-MMC en dehors d’un contexte sexuel, montrant des signes de diffusion à l’extérieur des communautés gay et HSH », peut-on lire dans un rapport de mars 2022 sur le Chemsex, à destination du ministère de la Santé.

Alors que les quantités de poudres de cathinones étaient en diminution depuis 2016, « en 2020, il y a eu une augmentation significative, avec environ 3300 kg de poudres saisies », contre environ 1800 kg en 2016, écrit l’OEDT.

« Il semble qu’au moins en partie, cette augmentation ait été due au 3-MMC qui s’est produite près du quart de la quantité de poudres saisies en 2020. »

Sa diffusion pourrait être partiellement due à son coût, inférieur à celui de la cocaïne. D’après le rapport de l’OEDT, le prix varie de 8 à 37,5 euros le gramme, avec un achat en majorité sur le web, contre 70/80 euros pour un gramme de cocaïne.

• Quels risques ?

Comme toute drogue, il existe des risques graves liés à sa consommation. L’OEDT écrit ainsi que 27 morts dues à la prise de cette substance ont été signalées en Europe. Globalement, « la plupart des rapports ont noté que l’impact négatif sur la santé découlant de la consommation [de 3-MMC] était considérable », écrit l’Organisation Mondiale de la Santé dans un rapport de 2017.

« Les effets indésirables suite à son utilisation ont inclus la tachycardie, l’agitation, le niveau de conscience réduit, les pupilles dilatées, les hallucinations, la diaphorèse [forte transpiration, ndlr]convulsions et hyperthermie », déclare l’OMS.

« Des utilisateurs ont également signalé des insomnies, des difficultés de concentration et des picotements dans les bras et les jambes. Des hospitalisations ont été signalées, dont quelques-unes dues à la seule utilisation de 3-MMC ».

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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