Qu’a donné la confrontation entre le mari de Delphine et son ex-codétenu à qui il aurait avoué ?

Pas de révélations. C’est en tout cas le résumé que font les avocats de Cédric Jubillar à l’issue de la confrontation de leur client avec un ex-codétenu, « Marco ». A l’automne dernier, ce dernier avait indiqué aux gendarmes que le plaquiste, soupçonné du meurtre de sa femme et en détention provisoire depuis juin 2021, lui avait livré des aveux, indiquant qu’il avait enterré le corps de Delphine près d’une ferme qui avait brûlé, non loin du domicile conjugal. Des confidences qu’ils auraient échangées à travers les fenêtres de la maison d’arrêt de Seysses.

Et aussi incroyable que cela paraisse, étant tous deux à l’isolement, ce jeudi, c’est la première fois que les deux hommes se rencontraient de visu, dans le bureau des juges d’instruction. « Les versions des uns et des autres ont été confrontées, les juges d’instruction ont essayé de déterminer laquelle des deux disaient la vérité et finalement il n’en est pas sorti grand-chose. Chacun est resté sur ses positions, on n’a pas appris quoi que ce », a indiqué à la sortie des quatre heures de confrontation, Jean-Baptiste Alary, l’un des trois avocats du mari de la jeune infirmière, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

Renouvellement du mandat de dépôt

Lorsque les gendarmes avaient pris connaissance des assertions de « Marco » sur ce qu’il aurait nommé Cédric Jubillar, plusieurs enquêtes, notamment des fouilles importantes autour de la ferme brûlée. « Au final, tout ce qu’a raconté cet homme a été vérifié, notamment l’emplacement du corps, l’utilisation d’une voiture ou d’un couteau. Au final tout est faux, il n’y a aucune confiance qui corresponde à une réalité. Cédric Jubillar a toujours dit qu’il est harcelé en permanence, et de peut-être las il a dit c’est moi, des choses qu’il avait déjà déclaré et qui a été vérifié par des centaines de gendarmes. Pour le reste ce sont des inventions d’un homme qui manifestent un autre choix négocié, je crois sa remise en liberté. L’accusation n’a rien dans ce dossier, maintenant cela suffit, il faut que la justice arrête ce massacre et que la présomption soit affirmée », a réagi Me Alexandre Martin qui a décrit l’ancien détenu au lourd passe judiciaire comme « un taulard ».

Un homme à qui Cédric Jubillar faisait cependant assez confiance pour lui confier un courrier destiné à sa nouvelle entreprise, Séverine. Sorti de détention peu de temps après avoir fait ces révélations aux gendarmes, « Marco » a même rencontré la nouvelle femme du plaquiste tarnais à Cagnac-les-Mines à plusieurs reprises. Il impliquait que cette dernière savait où se trouvait le corps de Delphine. Mais à l’issue de la garde à vue de Séverine, en décembre dernier pour « complicité de recel de cadavre », rien n’a été retenu à son rencontre.

Aucun des avocats du principal suspect ne s’attendait à voir surgir de nouvelles informations lors de cette confrontation. « Cédric Jubillar n’a jamais indiqué avoir vrillé, toute cette scène racontée par le codétenu n’existe pas. Et au final ça donne un peu le sentiment que l’on fonctionne sous le système de preuves de l’Ancien Régime, à l’époque où quatre ouï-dire valaient une preuve, on en est un peu toujours là. On a peu tendance à considérer que si le détenu dit des choses ça doit être vrai, même si au final, c’est faux et ça ne correspond à aucune réalité », a poursuivi la troisième avocate de Cédric Jubillar, Emmanuelle Franck.

Le trio de défenseurs celui qui se fixe désormais un objectif dans cette affaire, celle d’arriver à faire libérer lors du client lorsque-là passera au cours de prochains jours devant le juge des libertés et de la détention dans le cadre du renouvellement de son mandat de dépôt.

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